M, § 3. — ^. Id
camps : crun coté le père, retranché dans les vieux préjugés et armé de la puissance paternelle qui les protégeait; de l'autre Tépouse, les enfants, les esclaves, opposant une résignation ferme à cette autorité ^ Quelquefois
1: Les accusations des païens au sujet de ces divisions sont curieuses à connaître. Voici comment Origène (contre Celse, liv. HT, kk et suiv.) combat les invectives de Celsus :
« Pergit Celsus, et quae de Jesu doctrina dicuntur a paucis e christianorum numéro non prudentioribus, utipse putat, sed rudioribus, ait prœcepta esse nostrorum liominum : nemo accédât eruditas, iiemo sapiens, nemo prudens.
« Hoc pacto, inqult, satls apparet quod solos fatiios, ignavos^ stolldos^ vianc'ipia^ muliei culas^ pueras^ captent et pelliceant. »
Origène répond : Combien cette accusation n'est-elle pas injuste ! Qui peut méconnaître la grandeur, l'élévation des dogmes et des préceptes tant de la religion judaïque que de la religion nouvelle, la profonde sagesse des Moïse, des Salomon, des prophètes, le savoir et l'éloquence des apôtres chrétiens, de saint Paul entre autres, qui, bien loin d'interdire la sagesse, la met au premier rang des dons célestes, n'excluant que la fausse sagesse, celle qui, ne vojant que les choses périssables, n'étudiant que les pliénomènes de la matièrCf ne peut s'élever à la source de toute sagesse, à Dieu ? Loin de nuire au christianisme, la vraie science est son plus puissant auxiliaire. Sans doute l'Église s'adresse aussi aux faibles, our ignorent'!, niais pour les rendre meilleurs, car
254 DE l'influence du CHRISTIArNISME
le père de famille cédait à l'entraînement de
Jésus- Christ est venu appela' tous les Jiommes à le suh're dans la nouvelle vo'ie^ les sages comme les faibles d'esprit, les grands comme les petits..., Ceise continue ses reproches....
« Videre licet, inquit,et in privatis sedibus lanifîces, sutores, fuUones, illiteratissimum quemque, et rusticissimum coram senioribus et prudentioribus patribusfamilias, nihil audereproloqui. Ubi vero seorsum nacti fuerint pueros eorum et mulicrculas imperi/as, mira quœdain disserere : Non esse audiendos parentes ac prœccpfores, sed sib'i credendum^ quod ill'i délirent et mente copti s'uit^ et nlhil vere bonwn vel sciant^ vel possint facere, prœoccupatï nugis inanibus. Ipsi vero soli, ratîonem vivendi iiorint eractlssime. Ex fueros beatos fore si SE AUDiAKT, atgue adeo , propter eos, totam familiam! »
« Quod si intérim videant aliquem accedentem e prœceptoribus, prudentiorlbus, aut ipsum patrem, tune hos, si timidiores fuerint, perterriri ; sin ferociores, auctores fieri pueris, ut habenas excutiant^ obmurmurando quod in prsesentia patris prseceptoruiiive nec Aclint, nec possint quidquam boni proloqiii, metu illorum stuliitiœ S3evitiseque,modis omnibus corruptorum, ac devolutorum ad fundum mnlitiae, et monitores punientium. Sed si quid discere velint, debere eos, relicto pâtre et prœceptorlbus ^ ire cum mulicrculis et collusoribus pueris in conclave mulierum.^ aut offîcinam sutoriam fulloniamve, ut pcrfectionem adipiscantur, prœceptis obsequendo. »
Origène répond : Qu'il nous cite des maîtres, des philosophes enseignant une morale plus pure que la nôtre, et nous n'empêcherons pas les jeunes gens de fréquenter les écoles ;
l'exemple et du nombre*. Souvent il y résistait ; et l'on voyait des pères seuls pour le polythéisme, au milieu de leurs enfants et pelitsenfants chrétiens et chantant à leurs oreilles les hymnes du Seigneur ^
A travers ces dissensions intestines, et au milieu des plus grandes rigueurs des pères, on aperçoit cependant combien les anciennes mœurs avaient perdu de leur férocité. Dans les beaux temps de la république, ce n'est pas par de simples exhérédations que le pouvoir paternel eût cherché à se faire respecter; plus d'un Romain, jaloux de sa puissance, eût vengé l'a-
qu'ii nous cite une femme que nous ayons détournée de C obéissance maritale , de V observation de ses devoirs les plus sacrés /.'/ Pourquoi d'ailleurs nos réunions ne seraient-elles pas mélangées ? Le christianisme s'adresse a tous les êtres : aux ignorants pour les éclairer, aux sages, aux bons, pour les maintenir et les élever à une plus grande perfection.
1. Voir la curieuse lettre de saint Jérôme à Lseta, fille chrétienne d'Albinus, pontife païen. Saint Jérôme espère la conversion de ce dernier par ses enfants et petits- enfants^ tous chrétiens [Ad Lœtam.) — Gibbon, t. V, p. 347, parle de celte lettre.