‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 185 sur 226 · Voy. ci-dessus les passages d'Origène contre Celse · texte numérisé non relu

Voy. ci-dessus les passages d'Origène contre Celse

SUR LE DROIT CIViL DES ROMAINS. 299

i parcourez les livres de ses interprètes et de ses propagateurs. A qui s'adressent plusieurs de leurs pages éloquentes ? A des femmes. Les ouvrages de Tertullien en font foi. Parmi les lettres de saint Jérôme, il y en a qui ont pour objet de répondre à des femmes, qui le consultaient sur le sens des Ecritures.

Et en effet, dans le système du christia-

I nisme, la femme a une mission à remplir;

i elle doit travailler comme l'homme pour le service du Seigneur*; elle a la même dignité morale que l'homme^; si elle lui est inférieure en force^ elle le surpasse en foi et en amour^ Il faut donc qu'elle sorte de cette inutilité à laquelle l'ancienne Rome la réduisait, renfermée qu'elle devait être dans une vie monotone et étrangère à la marche du

Junge M. de Chateaubriand, Études historiques, X. II, p. 160, et note (2), et p. 165.

1. Saint Paul aux Romains, xvi, 6, 12 et 15. Aux Galai.^ m, 28.

^ 2. Saint Paul, I ad Corinth., vu, k et Ik. Saint Mat-

thieu, XIX, 5, 6. Saint Jérôme, lettre 8k, a insisté là-dessus. 3. Saint Matthieu, ix, 22 ; xv, 28; xxyi, 7 à 12.

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mouvement social*. La doctrine nouvelle lui fait au contraire un devoir d'agir, d'exhorter, d'user de son ascendant communicatif, de partager les combats des martyrs, de monter, intrépide comme eux, sur le bûcher. Elle va connaître le forum et le prétoire, jadis interdits à son sexe : car il faudra qu'elle sache y parler, s'y défendre, et braver le glaive de la justice païenne. Jetée désormais dans la vie militante, elle doit s'y tenir avec le courage des héros, avec la ferveur des missionnaires. Esclave, on la verra forte contre le maître qui voudra l'avilir; épouse, elle sera Tinterprète de la foi auprès de son mari; elle obtiendra son adhésion ou saura résister à ses ressentiments. Mère, veuve, vierge, dans toutes les positions, elle a des devoirs nouveaux h remplir. La charité sera surtout son partage et deviendra entre ses mains une branche de l'administration de la première société chré-

1 . Caton le disait haulemeiit : Si sui juris fmibus matronas continerct pudoi'y qiiœ leges lue rogarenlur ahrogaventuive^ curare non decitit. (Tite-Live, XXXIV, 2.)

tienne \ Il y aura même des dignités pour elle dans l'Eglise; diaconesse, elle sera chargée (chose inouïe jusqu'alors) d'une partie de ^instruction^ Elle partagera l'apostolat; elle prêchera aux femmes^ et revêtira un caractère officiel.

Voilà, si je ne me trompe, un système complet d'émancipation et d'égalité morale. Voilà une existence toute nouvelle qui apparaît, non par quelques rares accidents, mais par une pratique journalière et constante. Après cela, que ce système se soit appuyé de' certaines données antérieures ou collatérales; qu'il ait été secondé par une sorte de prédisposition, qui favorisait l'anéantissement ou la modification de tous les genres de servitude, c'est ce qu'on ne saurait contester.

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