‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 2 sur 226 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ÉPOQUES A CONSIDÉRER DANS EXACTION DU CHRISTE\NISME SUR LE DROIT. — OPINIONS DIVERSES SUR SON INFLUENCE.

Cette lutte dont je viens de parler peut être considérée dans trois grandes phases : l'époque des persécutions, celle des empereurs convertis, celle des empereurs occupés à convertir.

Un mot d'explication à cet égard.

Le développement du christianisme dans la société romaine a été successif. Persécuté avant d'être dominant, dominant avant d'être universel, maître des âmes avant de devenir maître des institutions, il a subi la loi temporelle du progrès des choses d'ici- bas. Lorsque, moins de deux cents ans après la mort de Jésus-Christ, TertuUien s'écriait : « Nous

DE l'influence DU CHRISTIANISME, ETC. 7

ne sommes que d'hier, et cependant nous faisons la plus grande partie de vos villes, de vos châteaux, de vos municipes, de vos assemblées, de vos camps, de vos tribus, de vos décuries, du palais, du sénat et du Forum*, » il constatait la promptitude inouïe, miraculeuse, avec laquelle il avait conquis les consciences. Mais la pourpre et le glaive lui manquaient encore. Un siècle de persécutions'' le séparait du règne de Constantin.

L'avénement de ce prince changea les conditions politiques de l'ancienne et de la nouvelle religion. L'Etat prépai'a, dès lors, son divorce avec le polythéisme et son union avec le christianisme. Mais ce divorce fut loin de s'accomplir immédiatement. Sans parler de la restauration de l'ancien principe religieux par Julien l'Apostat, le paganisme, vaincu mais non détruit, se défendit longtemps encore dans les lois, les mœurs, les préjugés

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