‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 218 sur 226 · Quelle belle expression que celle de proxîmus · texte numérisé non relu

Quelle belle expression que celle de proxîmus

Sans doute, tant que les habitudes aristocratiques ont fait pencher la balance vers la masculinité, tant que des intérêts publics ont fait dévier les mœurs, ces grandes idées d'égalité naturelle ont été gênées dans leur dévelop- » peinent ; elles sont restées longtemps inefficaces, et leur chemin a été long et rude.

Mais aussitôt que la décomposition de la famille antique eut fait table rase au législateur, l'esprit sagement démocratique du christianisme a dû prévaloir sans partage, et l'ordre des successions, qui reflète toujours le principe social dominant, s'est réglé sur les pures affections de la nature dont la morale chrétienne est la sanction.

A ceux qui voudront aller chercher dans un perfectionnement philosophique et abstrait rorigine de la loi successorale de Justinien, je demanderai comment il se fait que la philosophie toute seule ait obtenu ce triomphe sous un prince qui mit les philosophes à la porte d'Athènes et fut surtout un ardent théologien. Puis il me sera permis de m'enquérir s'il a

existe en Orient ou en Grèce une école qui ait antérieurement formulé la théorie de Justinien. Pour mon compte, je n'en connais pas. Aristote avait bien dit que l'amitié est plus forte de haut en bas que de bas en haut, et qu'ensuite elle penche pour le même sang et la même originel Mais le difficile n'est pas de ressentir et d'exprimer ces sentiments, dont le vulgaire est saisi à l'égal du philosophe ; c'est de les dégager de toute influence politique, de les préciser dans une pratique indépendante et sincère ; or, cela n'avait jamais été fait avant le règne du christianisme. 11 y a eu des philosophes anciens qui nous ont donné des constitutions, et même des constitutions imaginaires; leur génie les a-t-il conduits à cette vérité si simple en apparence, si difficile en réalité, que les biens doivent se transmettre suivant la marche des affections de famille? Nous connaissons les lois d'un grand nombre de peuples de l'antiquité : qu'elles aient été monarchiques, aristocratiques ou démocrati-

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