AGE PHILOSOPHIQUE DU DROIT ROMAIN. — NAISSANCE
DE l'Élément chrétien, sa combinaison avec le droit.
La philosophie a donc fait son entrée dans le droit romain ; elle a brisé le cercle inflexible tracé par le patriciat. L'âge philosophique commence ; son point initial est dans le siècle de Gicéron. Nous le verrons grandir peu à peu, particulièrement sous les auspices du stoïcisme. Mais nous prouverons que le stoïcisme est loin d'avoir tout fait, et que, depuis Néron jusqu'à Constantin, le droit civil a aussi subi l'action indirecte du christianisme par qui toutes choses étaient impressionnées.
L'époque de Gicéron fut celle d'un grand mouvement intellectuel. La philosophie grec-
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que avait fait irruption dans Rome, et renseignement des rhéteurs , si redouté des amis des coutumes antiques*, avait initié la jeunesse aux nouveautés les plus hardies\ Epicure surtout avait trouvé au sénat, au barreau, chez les orateurs et les poètes', des disciples infatués\ Ses doctrines, poussées à Textrême par quelques esprits d'une inflexible logique (Rome en avait tant!), avaient ébranlé la foi dans la religion % dans les institutions, dans
1. En 661, les censeurs Licînius Crassus et Domitius Ahenobarbus déclarèrent que cet enseignement était pour eux un sujet de déplaisir. (Suet., de Claris rhet.^ 1. Cicer., de Orat.^ III, 24.)
2. Novum genus discipllnse, Suet., de Claris rket. , 1. Caton en était l'adversaire : Pline, XXIX, 7.
3. César et Lucrèce. César,- dans son célèbre discours au sénat sur la conjuration de Catilina, nia les peines de l'autre vie (Sali., 51). Cicéron en fait autant dans son plaidoyer pour Cluentius, 61. Mais il est à remarquer qu'en ce qui concerne Cicéron, cette dénégation de la vie future n'est, si je peux ainsi parler, qu'un moyen d'audience ; 50. Quel auditoire cependant que celui qui écoutait sans défaveur une telle morale!
k. Montesq., Grand, et Décad.^ c. x.