Act. o/jojf., XXVIII
3. Aux Philip., IV, 22. Il leur envoie les salutations de ceux qui sont de la maison de César. Après sa décollation,* une dame romaine recueillit son corps, et lui donna la sépulture dans un jardin sur la route d'Ostie.
raffinée*, qui étaient aussi un moyen de faire connaître le christianisme et d'appeler sur lui l'intérêt et la sympathie ^ Or, la vérité a une puissance secrète pour s'épancher et se propager ; elle s'emparé des esprits à leur insu et germe en eux comme les bonnes semences qui, jetées au hasard par les vents sur une terre propice^ croissent bientôt en arbres vigoureux, sans que nul œil attentif ait pu apercevoir le mystère de leur naissance. Pour qui-
1. Tacite décrit ces supplices dont on se faisait un divertissement, oc Pereuntlhus addita ludrihia, ut, ferarum tergis contecti, laniatu canum interirent, aut cruclbus offixl^ aut flainmandi, atque ubi defecisset dies, in usum nocturni lumlnls urerentur. Hortos sucs ei spectaculo Nero obtulerat, et circense ludicrum edebat, liabitu aurigse permixtus plebi, vel curriculo insistens. » [Annal. XV, 4^.)
Sénèque vivait alors éloigné de la cour et menacé par l'empereur. Il mourut Tannée suivante.
2. On a vu tout à l'heure que Tacite avoue que la compassion fut excitée par ces barbaries. Les chrétiens en avaient la conscience ; car Tertullien, Apologétique^ § 50, disait pluè tard : « Qui peut être témoin de la constance des chrétiens dans les supplices sans en être frappé, et sans en rechercher la cause ? Qui est-ce qui la recherche sans se faire chrétien? j>
conque a lu Sénèque avec attention, il y a dans sa morale , dans sa philosophie , dans son style, un reflet des idées chrétiennes qui colore ses compositions d'un jour tout nouveau. Je n'attache pas plus d'importance qu'il ne faut à la correspondance qu'on a produite entre saint Paul et lui ; je crois cette correspondance apocryphe ; mais enfin, la pensée de lui faire entretenir un commerce épistolaire avec le grand apôtre n'est-elle pas fondée sur un commerce d'idées qui se manifeste par les rapprochements les phis positifs^ ? Sénèque a fait un heau livre sur la Providence, qui, du temps de Cicéron j n'avait pas encore de nom à Rome ^. Il parle de Dieu avec le langage d'un chrétien ; car non-seulement il l'appelle notre Père^, mais il veut, comme dans l'Oraison domi-