‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 53 sur 226 · An 194, sous Sévère · texte numérisé non relu

An 194, sous Sévère

(le son fils aîné^ Alexandre Sévère, fils d'une mère presque chrétienne, adorait Jésus-Christ à coté d'Abraham et d'Orphée^; sans cesse il avait à la bouche cette parole évangélique : ISe faites pas à autrui ce que vous ne voudriez pas qu^ on vous fit ^ parole qu'il fit graver dans son palais et même sur les murs des édifices publics ^ Deux cents ans ne s'étaient pas écoulés depuis la mort de Jésus- Christ que déjà sa religion apparaissait à la société païenne comme contenant les plus pures maximes de la sagesse. Et c'est quand l'histoire nous donne tant de témoignages authentiques de ses progrès en tous sens, qu'on hésiterait à reconnaître son action sur les

1. Caracalla. Tertullien dit : Lacle chr'islïano educatus {ad Scapulam^ cap. iv).

2. Lamp., in Fita Alex. Sever. (( Christo teinplum face cere voluit, eumque inter deos recipere, » xliii ; et ailleurs : a In larario suo, divos principes, sed optimos electos , et animas sanctiores, in queis et Apollonium, et quantum scriptor tempornm suorum dicit , Clwistum , Abraham, etOrpheumetliuiuscemodiceteroshabebat,» xxix.

3. Lamp., li. o: Et in palatio et in publicis operibus prsescribi jnberet. »

perfeclionnements de la philosophie ! La raison répugne à admeltre que le christianisme et la philosophie aient marché parallèlement, l'un vis-à-vis de Tautre, sans se toucher en certains points. La philosophie n'a pu avoir le privilège de rester plus en dehors de l'influence du christianisme que la société ellemême qui le recevait par tous les pores. Dans im temps oii toutes choses tendaient à se rapprocher et à s'unir ; où les hommes et les idées semblaient possédés d'un besoin incessant de communication et de transformation * ; où l'éclectisme philosophique méditait la fusion de tous les grands systèmes dans un syncrétisme puissant ; où la cité romaine, ouvrant son sein à une pensée d'homogénéité qui lui avait si longtemps répugné, communiquait le titre de citoyen à tous les sujets de l'empire^, effaçant ainsi les distinctions de

1. Tertullien a signalé le caractère de celte époque de transformation et de tendance à la fusion {de Pall.^ cap. ii). « Comme ce siècle, dit-il, a transformé le monde! »

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