Caius, IV
Je ne veux pas pousser plus loin cette revue. On aperçoit par quels efforts ingénieux l'ëquité agrandissait son domaine, tout en groupant cependant ses innovations autour de l'ancien droit civil^ si restreint dans ses conceptions, si matériel dans ses applications. Le droit tend à se simplifier dans le fond, mais il se complique dans ses rouages. Deux éléments hétérogènes sont juxtaposés; quelquefois ils se rapprochent et se confondent; le plus souvent ils se séparent et se jalousent. L'harmonie manque dans ce majestueux travail ; on aperçoit à chaque pas qu'il est le prix de concessions pénibles, de combats opiniâtres. Le chef-d'œuvre eût été de pouvoir amener entre ces deux éléments une fusion complète. Mais le plus ancien avait été trop fortement trempé pour se laisser effacer si vite, et le droit de l'époque impériale, qu'on a coutume d'appeler l'époque classique, porte la marque profonde de son passage. Aussi laisse-t-il de grands, d'immenses progrès à désirer. On sent qu'il est loin d'être le dernier mot d'une
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science complète; il est plûtot l'expression d'une situation transitoire, d'un état transactionnel. Je n'en fais pas un reproche aux grands génies qui y ont mis la main. Ils ont subi l'influence de leur époque et de leur patrie. Rome n'a pas été faite pour être le théâtre de Tunité. La Providence lui a donné la force en partage. Aussi le combat se trouve- t-il dans toutes les phases de sa civilisation.