‹ De l'influence du Christianisme sur le droit civil des romains, augmentée d'une table analytiqueChapitre 92 sur 226 · L. unie, C- de emend. servor · texte numérisé non relu

L. unie, C- de emend. servor

2. L. 21, C. Theod. de Hœreticîs, où on lit ces paroles peu philanthropiques : ex sennll fsece,,.. vilitas.

3. Socrat., Hist. ecclés'iast., lib. VII, c. xxxiii. Godefroy, sur le t. du C. Theod. de lus cjui ad Eccles. conf.

jours, les esclaves maltraités s'échappaient d'auprès de leurs maîtres et venaient dans les grandes villes, et surtout à Rome , ce vaste réceptacle des grandeurs et des misères du temps ! Là, cachant leur origine et leur fuite, ils grossissaient la foule des mendiants qui stationnaient auprès du Vatican et exploitaient la piété charitable des familles chrétiennes*. Enfin, depuis que le christianisme propageait ses sublimes doctrines d'égalité, une fermentation secrète agitait cette classe immense d'hommes dépouillés des droits civils, en butle à la rigueur des maîtres, écrasés par les misères de la plus vile condition. Déjà sous Dioclétien, les paysans gaulois, réduits au désespoir, s'étaient soulevés en masse sous le nom de Bagaudes ; ils avaient désolé les provinces, incendié les villes, commis ces grandes horreurs qui sont le fruit des émotiôns populaires. On a lieu de croire que les chefs de ces révoltés

1. Valentinien les chassa de Rome en 382. L. unie, C. Théod, de mendie.^ et Godefroy.

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étaienl chrétiens, et que leur insurrection fut occasionnée par l'abus des principes du christianisme \ La témérité de ces bandes

1. Gi])bon repousse cette conjecture, t. II, p. 317 ; je la crois fort problable. Elle s'appuie sur la vie de saint Babolin (Duchesne, Scriptores reriim Franc, t. I, p. 662), où on lit ce qui suit :

« Historiograplius autem Orosius in ipsa historia quam Je ormesta muncli composuit, prsescriptum castrum a Maximiauo Herculio imperatore solo tenus eversum, ac prorsus destructum asserir. Ideo videlicet, quia Amandus et Helianus, ohristianœ cultores fidei, noiebant romanis principibus sacrilegis subdi. Idem etenim Maximianus collecto exercitu Romanorum, juncta sibi legione militura thebœorura, appropiabat ut funditus destrueret castrum Bagaudarum. Qui juga Alpium cum exercitu transiens, et circa Octodorum fessus residens, praecepit omnes ad fanatica sacrificia in\itare, et super sacra deorum jurare : quovl pari animo contra Bagaudarum turbas pugnarent. Ceteros vero cbristianos alicubi repertos ab omnibus decrevit occidendos. Quod ubi ad aures pervenit Mauricii, legionis tbebese ducis, juberet îcilicet Cœsarem eos contra cbristianos pugnatum iri, sibi dixit imperanti : « Nos pugnare contra impios scimus, sed debellare pios et concives penilus ignoramus. Tenemus ecce arma, et non resistimus, quia mori magis quam occidere parati sumus. » Sicque percussoribus lœli cervices prsebuernnt, atque per tormenta corporum ad cœli gloriam pervenire raeruerunt.... Habitatores quoque ejusdem castri, quia erant, ut prœlibati

indisciplinées fut châtiée sans peine par Maximien * ; mais les idées ne périssent pas facilement devant la force, et une agitation réelle, un mécontentement profond, sans cesse entretenus, avaient éclaté de nouveau en explosion formidrable, cinquante ans avant que la conquête des Gaules par les Francs vînt donner une autre direction aux esprits ^

sumus, christiani, spernentes pro Dei amore curam corporum, ad régna cœlestia transisse credendi sunt per martyrium, »

Le Nain de Tillemont (Histoire de Dioclélien, t. IV, p. 599) combat cette assertion, et prétend que les Bagaudes n'étaient pas chrétiens ; car, dit-il, l'Évangile enseigne à défendre la foi contre les princes légitimes par les souffrances et non par les armes. D'ailleurs, il faut se garder d'attribuer une révolte aux chrétiens de ce temps-là sur l'autorité d'une chronique faite dans le septième siècle au plus tôt, etc.

Malgré ces conjectures du pieux historien, adoptées par l'incrédule Gibbon, je crois qu'il faut s'en tenir à la tradition dont la chronique est l'écho. Il y a souvent plus de vérité dans les naïves légendes que dans les subtilités des érudits.

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