I, 4; III, 4; IX
le récit (1). Ailleurs, en vertu du même principe, ils font un tri entre les expressions obscènes, effaçant celles où figurent des noms de saints, gardant celles qui n’offensent que les moeurs (2).
Cependant, donnons-leur acte d’un genre de corrections que nous avons déjà rencontré dans les expurgations précédentes : ils ne permettent pas à Boccace de passer de la pratique à la théorie, du récit à la maxime; ils effacent le vœu impertinent par où Boccace concluait l’histoire d’une intrigue amoureuse en demandant à Dieu, pour lui et les autres âmes chrétiennes, un bonheur pareil à celui qu’il venait de dépeindre (3) ; et, ici, ce n’est pas seulement par respect pour la Divinité qu’ils biffent la phrase, attendu qu’ailleurs, dans un passage où Boccace disait qu’il est impossible de résister aux aiguillons de la chair, ils remplacent le mot impossible par le mot difficile , substituant par là une vérité qui n’a rien d’immoral à une pernicieuse fausseté (4). Il y a, en vérité, quelque fondement à la distinction qu’ils établissent entre un conte lascif et une maxime dissolue ; car on ne peut nier qu’au fond les mauvais principes ne perdent plus irrévocablement l’âme que les mauvais exem-