C) PRONOMS RELATIFS
Dans le dialecte gascon^ comme d'ailleurs dans les autres dialectes de la langue d^oc^ les pronoms relatifs a qui » et « que » s^emploient indifféremment Tun pour Pautre*.
On sait que le moyen français nous présente des exemples nombreux de que sujets à côté de qui; mais, comme le remarque M, Darmesteter, < à partir du xvi^ siècle^ la langue est revenue à qui*n. Au xvi® siècle, cette confusion se rencontre encore chez
* Essais, liv. 1, chap. m.
* T. IV, p. 35x.
» Ibid.
* Nouvelles lettres de la reine de Navarre, publiées par Génin (1842), p. 23i.
* Cf. Lespy, Gram. béarnaise, pp. 32 1 et suiv.
*' Voir article sur le démonstratif ille et le relatif qui en roman {Mélanges, Renier, 1887, 143-137.)
INFLUENCE SUR LA SYNTA5CE. 4o3
quelques écrivains*^ mais elle est surtout fréquente chez les auteurs gascons.
— « J'ay donné. . . ung aultre courcier au cappitaine Cousseil, que, vingt ans a^ a porté les armes avec moy. » (Monluc,*)
— c( O mes compaignons, prenés doncques exemple à ceux que. . . lèvent la tête devant tout le monde. »
(Id.»)
— a O que bien hureux sont les soldatz qui suivent telz cappitaines, que pour leurs venuz et valleur sont estimés par tout le monde. » (Id/)
— f Mais... la paix a faict mectre en obly du tout ceste entreprinse, que par^ nostre long loisir pourra en dix jours estre mise à fin. > (Marg. d'Angoulême.*)
— « Regardant les lermes que, je suis seure, saillent de vos yeux. » (Marg. d^Angoulême.*)
§ 5, — Verbes.
Les Gascons, dans l'emploi du verbe, s'écartent de la langue du xvi® siècle sur trois points : i» la forme des verbes ; 2^ l'emploi des auxiliaires ; 3« l'usage des modes.
* Malherbe, si sévère pour Desportes, n*ose presque pas condamner cette faute. Cf. Brunot, La Doctrine de Malherbe, p. 396.
* ibid.
* Heptaméron, Prologue.
° Nouvelles lettres de la reine de Navarre, p. 227.
a) FORME DES VERBES.