‹ De l'influence du Moral en ChirurgieChapitre 10 sur 24 · IR · texte numérisé non relu

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physiques transmis aux organes et aux glandes endocrines d’abord, par voie sympathique. Ce sont des, spasmes divers, des sensations cénesthésiques, des palpitations, la pâleur, l’hypotension et, plus grave, l’arrêt du cœur, la mort rapide.

On peut schématiquement classer ces troubles en :

Troubles glandulaires. — Ce sont les plus importants, avec perturbations secrétoires et musculaires lisses des conduits excréteurs. Les pleurs, si coutu-

. miers à l’enfant, sont bien à déclenchement psychique; ainsi en est-il de la suractivité de la sécrétion sudorale, accompagnée de la sensation de refroidissement, «la sueur froide», dit-on; du même ordre encore est l’hypersecrétion des glandes intestinales accompagnée, de phénomènes moteurs péristaltiques exagérés, constituant un brusque flux diarrhique: c’est la colique des combattants et celle aussi des candidats.

- D'autres fois, ce sont les glandes à acide chloridrique de lestomac qui fonctionnent avec excès, produisant des brûlures, le «cuisant», liées à la peur. La spermatorrhée émotive rentre encore dans ce cadre; de même l’ictère émotif, «dont on a en vain «tenté de nier l'existence il y a quelques années pour «en faire une hépatite infectieuse», dit Pron; 1l est dû, pour François Franck, plus au spasme du sphincter de Oddi, réalisant un ictère par rétention, que par abus de la secrétion, ce qui donnerait un ictère par polycholie.

D’autres secrétions sont, au contraire, ralenties; c’est surtout celles des glandes salivaires, d’où la

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sensation de sécheresse à la gorge. C’est aussi l’oligurie qui n’est pas une rétention, comme pour la bile, car nous retrouverons plus loin le relâchement du sphincter vésical. On a même vu des anuries émotives. Hæckel cite des cas contraires de polyurie liée à des angoisses, lors de graves traumatismes. La secrétion lactée peut subir aussi une diminution lors d'émotions; Marfan indique, en outre, une viciation de.sa constitution puisque, «en ‘cette «occurence, le nourrisson peut diminuer de poids et «être pris de diarrhée»; des analyses ont montré, dans c?$ conditions, « plus d’eau et de caséine, moims de «sucre, de sels et surtout de beurre».

Comme troubles de secrétions internes, rappelons surtout celui que beaucoup d’auteurs américains, Cannon entres autres, mettent au premier plan lors de la production du choc: l'hypersecrétion surrénale « entraînant, dit-il, l’excitation anormale des «autres glandes et du sympathique». Guillaume cite que cet auteur «.a pu provoquer une hypersecrétion «thyroïdienne immédiate. par excitation des néris «afférents de la surrénale». Ainsi donc le syndrome de Basedow, si souvent d’origine émotive, serait sous la dépendance du trouble de la surrénale; la guerre, on le sait, a déterminé un important accroissement des cas de ce syndrome de Basedow chez les jeunes soldats du frônt; à Nancy, M. le professeur Etienne a rapporté dé nombreux cas dus aux émotions lors des bombardements. Il à signalé aussi, eomme ‘d’autres auteurs, des cas de glycosurie « brusque, «passagère», émotionnelle; on a rapporté, de même,

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lhyperglobulie, l’hypercoagulabilité du sang à la suite d'émotions graves :-est-ce dû à une action de la rate, du pancréas ou autre? La réponse est encore à venir.

La métrorragie émotive, que Fabre a récemment

étudiée dans sa thèse, serait due à une exagération

de la secrétion interne ovarienne.

Troubles circulatoires — On observe souvent, lors de la douleur vive par exemple. ainsi qu’en fait foi l'observation intéressante rapportée par Blechmann, du médecin qui se fit opérer d’appendicectomie sans anesthésie, une baïsse rapide de la tension Mx et Mn, ralentissement du pouls jusqu’à la syncope. On saït toute l’importance de ce symptôme dans les manifestations du choc. Pour M. le professeur

Etienne, à la suite de ses observations, la peur

détermine une hausse rapide de la pression, vite suivie d’une baisse. Rangeons ici la pâleur par vaso-constriction, les rougeurs au contraire, tel l’érythème pudique bien banal. ; ;

Troubles moteurs viscéraux. — Ce sont la dilatation des pupilles, louverture de la fente palpébrale, qui ne sont pas pour rien dans lexpression extérieure de l’angoisse; du côté du larynx, c’est un spasme avec Voix rauque, étranglée, ou plus, limpossibiité de parler. Dans la sphère de l’estomac, ce spasme détermine le vomissement.

Au niveau de la vessie, de l’anus, le relâchement des sphincters, lié aux spasmes des organes, provoque fréquemment, sinon l’incontinence, du moins l’émission de quelques gouttes d’urine et parfois de matières

fécales, impossibles à retenir.

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Les troubles moteurs des muscles striés consistent principalement en tremblement quelquefois violent; enfin, en contractions et relâchement des muscles de la face, donnant la mimique spéciale à chaque émotion.

Troubles sensoriels. — On a noté lhyperacousie, dont on devra prendre garde; d’autres fois, la baisse de la vision; des troubles aussi des organes de léquilibration, avec sensation de vertige et chute.

30 Etats cliniques en rapport avec le psychisme |

Tous ces signes ne se rencontrent pas isolés, mais groupés en une infinie variété offrant à l'examen des états très graves particuliers, mortels parfois, le choc psychique émotionnel; ou bien des syndromes dissociables au milieu d’autres états mortes, tel le choc traumatique.

Ainsi nous étudierons :

10 Le choc plus où moins brutal;

20 Les tableaux plus ou moins précis de troubles dus au psychisme chez un blessé, un traumatisé futur opéré, où un ancien opéré.

19 Etudions d’abord le choc psychique: Se

Dans les cas les plus sévères où le seul psychisme peut répondre de la gravité des accidents, il n’y a rien d’abusif à nommer un tel état un « choc psychique», pour donner une étiquette cadrant avec la terminologie d'aujourd'hui et pour accorder une:

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personnalité définie à «émotion choc» de Ballet, à la rupture « de l'équilibre psychique» de Babinski, etc.

Nous définirons le choc psychique: un état grave, sérieux, de rupture d'équilibre des fonctions organiques parti d’une impulsion des centres psychiques normaux. Tels seront la syncope, suivie ou non de mort, ou les états voisins des autres chocs connus; nous écartons ainsi tous troubles chez les mentaux.

Ce choc, on le rencontrera après une manifestation des fonctions de l’esprit, telle la peur, l'émotion. On a affaire à une état comparable aux états de choc traumatique, hémorragique, toxique, différent comme eux de la commotion cérébrale, des comas, de l’hémorragie cérébrale.

. Il est à noter, d’ailleurs, que cet état, tout comme ceux de choc anesthésique, hémorragique, opératoire, peut s’ajouter au choc traumatique toxémique, pour jouer un rôle important dans la genèse de certains chocs complexes.

Citons quelques exemples de choc psychique grave, seul responsable des accidents.

La nièce de Liebnitz trouve tout à coup, sous son oreiller, une somme de plusieurs centaines de mille francs; de joie, elle fait une réaction telle qu’elle meurt.

On doit à Hack-Tuke le cas universellement connu d’un individu condamné à mourir de la saignée. La condamnation à mort,.les terreurs depuis ce moment jusqu’à celui où on se prépare à mettre à exécution la sentence, sont quelques-uns des facteurs

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