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“émotifs qui, en pareil cas, hypersensibilisent le psychisme, le conduisent à un état de telle tension anormale qu’il va réagir terriblement au reçu de la moindre épine irritative. On pique le malheureux au bras, on fait couler de l’eau tiède sur son bras, il pâlit, s’effondre et meurt.
Lauder Brunton nous fait assister à la fin brutale d’un étudiant sur le cou de qui on laisse tomber une serviette mouillée, alors que son psychisme venait d’être ébranlé, d’une façon semblable, par un simulacre de jugement et de condamnation.
Les médecins légistes rapportent des cas nombreux de mort dite par inhibition. M. le professeur Michel et M. le docteur Morin ont rapporté récemment le cas d’une femme qui, se croyant enceinte alors qu'elle est veuve, essaie de se faire avorter; on imagine son agitation extrême lors de ses tentatives clandestines : sans la moindre lésion, elle meurt subitement et l’autopsie ne révèle que la réplétion de l'estomac. Il n’y avait même pas grossesse.
Tel est encore le cas, cité dans son cours par M. le professeur Parisot de la femme qui se présente chez un docteur dans un état de très grand énervement, désirant ou redoutant le diagnostic de grossesse; au seul toucher, elle meurt subitement. |
Vibert pense que les phénomènes de cette gravité sont rares et que souvent ils sont remplacés par d’autres, moins sévères et qui disparaissent sans laisser de traces. D
On s'accorde pour considérer l’état de digestion comme cause prédisposante. Nous ne croyons pas,
TREND RTE
néanmoins, que lon puisse écarter l'importance primordiale de l’émotion. Dans le cas qu’indique Brouardel, de louvrier en colère qui, lors des grèves, hurle et vitupère chez son patron et tombe foudroyé
lorsque celui-ci le repousse, on ne saurait mieux se.
rendre compte de l'influence de l’état d’esprit dans la production de l’accident.
M. le docteur Guillemin nous a communiqué le cas d’un soldat qui, lors d’une attaque en 1915, fut pris d’une peur si intense qu’il tomba en syncope et mourut deux jours après, sans qu’on-ait pu rapporter la mort à une autre cause qu’à cette frayeur.
La peur de l’anesthésie peut parfois provoquer de tels drames.
« Même seule, dit Farabeuf, l’appréhension de
«la peur a suffi pour tuer subitement quelques”
« malades.»
Gwathmey rapporte qu’un de ses malades, qui devait subir une ‘vulgaire amygedalectomie, fut pris d’une peur telle au moment où il fut sur la table d'opération, qu'il s’enfuit et ne revint jamais.
Chez un autre, « lélément psychique prédominait «à un tel point, dit le même auteur, qu'il mourut « subitement quand on se mit, à savonner la place « pour une opération de hernie». Un autre patient était si apeuré à l’idée dà l’anesthésie, qu’on versa de l’eau sur le masque dans l’intention de calmer ses angoisses. Avant qu'on eût donné une seule goutte de chloroforme. il tomba en syncope et succomba.
Nous avons déjà porlé de malades ayant peu souffert; l’état de leur moral, à cause de la lésion
apparemment peu grave, n'est pas en rapport avec la solution toujours très sérieuse pour eux de lopération. On constate souvent chez ces prédisposés de tels accidents. Il nous revient à la mémoire un cas trop personnel de ce genre qui «resta» sur la table pour une bien minime opération: un paraphimosis. Tous les chirurgiens ou anesthésistes qui ont vu de ces cas diront volontiers qu’une circonstance est surprenante, c’est la bénignité de l'intervention qu’on devait entreprendre.
Précisément, et si le psychisme du blessé était analysé, bien souvent. on verrait que le choc émo- . tionnel de ces sujets dépasse’ en intensité celui des malades prêts à subir des opérations plus sérieuses, mais à l’idée de laquelle ils se sont faits depuis longtemps. Les enfants très émotifs, très peureux, se trouvent être dans une situation psychique semblable.
Moins tragiques, mais non moins probantes, sont les deux histoires suivantes; l’une, bien connue, celle du malade de Page a qui on donne un violent coup sur la pointe du soulier et qui en tombe en syncope. L'autre, plus amusante, rapportée ‘par Poucel dans sa thèse, nous montre, lors des manœuvres. | du Service de Santé, un homme désigné comme «blessé», transporté à l'hôpital; il avait, disait la fiche, un traumatisme du ventre. Comme on travaillait sérieusement, le soi-disant blessé fut étendu sur la table d’opérations et tout un groupe de chirurgiens militaires, blousés de blane, avant-bras nus, entra; chacun prit sa place, certains se dirigeant vers une table dressée et couverte d’aciers étincelants;
le pauvre soldat se mit à pâlir et, sans doute, à ressentir quelques pénibles impressions. Mais, lorsque consciencieusement l'officier de l’état-civil s’approcha de lui pour lui demander s’il n’avait pas de dispositions à prendre vis-à-vis de sa famille, il s’écria qu'il ne se trouvait pas si mal et tomba en syncope. Poucel fait remarquer qu'il revint à lui. Mais, cependant, que sont nombreuses les diverses émotions sérieuses que peut avoir à subir un malheureux blessé réel, cette fois, alors que sa résistance est bien diminuée. Chez la nièce de Liebnitz c’est bien le choc psychique au sens duquel nous l’entendons. La sensation visuelle d’une liasse de papiers ne peut causer la mort, pas plus que la sensation tactile d’une serviette froide, ni que celle d’une piqûre au bras, ete... Mais ces émotions concordaient avec un état d’éréthisme extraordinairement intense du psychisme et c’est celui-ci qui, par un processus que nous essalerons d’mdiquer plus loin, a déterminé la rupture définitive dans l’équilibre des fonctions organiques qui n'étaient nullement lésées.
= Certains diront: N’y avait-il pas un anévrisme prêt à se rompre ou quelqu'autre faibles$e de ce genre; nulle importance; l’équilibre instable avait besoin d’un moindre dérangement, voilà tout; le dérangement n’en est pas moins d'ordre psychique. Quant au faux blessé de Poucel et au soulier écrasé de Page, voilà bien deux individus au psychisme absolument normal à l’état de santé de même, et que lon voit, l’un progressivement et l’autre brusquement arriver à l’état de choc psychique. L’aspect