‹ De l'influence du Moral en ChirurgieChapitre 14 sur 24 · ER PP · texte numérisé non relu

ER PP

ne sont pas ressenties analysées; mais, néanmoins, ils laissent une empreinte dans ces sphères et peuvent aider au déclanchement des réactions de choc. Crile, comme nous le verrons plus loin, en tire des indications dans le traitement préopératoire et opératoire du patient, en vue de la protection de ces centres psychiques.

On constate, à bien d’autres moments de la maladie encore, l'influence du psychisme sur son évolution. L’atteinte du caractère avec tendances pessimistes, dépressives, est une bien mauvaise condition pour le rétablissement des opérés. Dans les ambulances chirurgicales de l'avant, nous avons été à même de remarquer, comme beaucoup d’autres, les résultats parfois compromettants de l'émotion, lorsque la formation sanitaire venait d’être bombardée. On trouvait, chez ces héros de la veille, une véritable indisposition, ne serait-ce que dans la courbe de température; on remarquait très fréquemment même, chez des blessés apyrétiques, un « clocher » en relation avec le bombardement. Tous les jours, les chirurgiens et médecins sont à même de constater la différence dans la marche de la maladie, dans les cicatrisations des plaies, les processus de rétablissement chez les démoralisés, les apathiques ou les gens toujours gais malgré les incidents, toujours optimistes, les «malades tant pis» ou «les malades tant mieux », si l’on peut dire.

Le malade tant pis, nous l'avons vu disparaitre tristement il y a peu de temps en la personne d’un de nos camarades qui, se sachant compromis depuis

Sn

des années, se laissa littéralement mourrir lors d’une attaque de son mal, avec une nonchalance déconcertante, ne se donnant plus la peine d’avaler ses drogues, négligeant tout soin, se refusant, pour ainsi dire, à toute réaction. Ce moral déplorable aida à n’en pas douter et manifestement à la rapidité extrême de cette évolution.

Page 1