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III. — ESSAI DE PATHOGENIE

S’il n’est pas aisé de découvrir le mécanisme intime qui, d’une plaie contuse, mène au cortège de phénomènes réactionnels connus sous le nom de choc traumatique, combien plus délicate sera la recherche de filiation au traumatisme moral, des états organiques variés du choc moral ou des autres réactions générales.

Aujourd’hui, on ne défend plus guère les théories d’inhibition réflexe du choc traumatique par paralysie des centres vitaux du bulbe; exemple: théorie de la désoxygénation du sang; à la suite de la paralysie du système régulateur artériel, il y aurait afflux sanguin dans les viscères, d’où insuffisance de sang oxygéné dans le reste du corps; théorie de l’acapine, qui explique l’hypotension par un phénomène contraire: une suractivité respiratoire lors de la douleur détermine une diminution du CO? dans le sang; or, ce CO? est le stimulant des centres bulbaires. On semble de plus en plus partisan, avec Quénu, de la théorie toxique du choc traumatique, non pas

immédiat mais primitif, par résorption des albumines nées de la contusion intense des-tissus. Cannon vérifie cette hypothèse en produisant le choc par écrasement, sans plaie, des parties molles d’un membre. ,

Mais quelle est l’action de ces toxines’ Nous ne discuterons par les hypothèses mal précisées qui ne nous intéressent pas directement. Qu’elles soient nées de l’attrition des tissus ou des secrétions microbiennes, on pense qu’elles agissent sur le système sympathicoencocrinien, notamment, nous l’avons vu, sur les surrénales, « entretenant, dit Cannon, par leur hypersecrétion d’adrénaline, une excitation anormale de tout ce système». Tout à fait récemment, MM. P. Masson et L. Berger trouvent que certains tissus endocriniens, qui déversent leur secrétion dans le sang, peuvent les déverser aussi dans les nerfs directement; ils y circulent à la façon de toxines tétaniques; cette hypothèse rend bien compte des troubles dits nerveux par viciation des secrétions internes. Pour l’école de Widal, les albumines déterminent un choc humoral analogue à celui de l'injection d’histamine dans les veines. En tout cas, la participation des glandes endocrines explique bien la genèse des manifestations du choc; nous avons mentionné, en effet, leur trouble considérable lors des émotions de la douleur, ete. Le processus du choc traumatique peut être schématisé :

19 Lésions organiques importantes ou multiples brutales; )

20 Formation et décharge toxique avec action sur

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le système sympathico-endocrinien « qui, dit Pron, ontogéniquement comme physiologiquement» n’est qu'un.

Nous voudrions essayer d'établir un parallélisme. dans la genèse du choc moral.

19 A la suite de recherches scrupuleuses et minutieuses, on a vu que les phénornènes de la vie psychique, tels l’idéation intense, la vive émotion, la peur, la colère, le choc moral, déterminent des altérations constatables dans la structure si fine de la cellule nerveuse centrale, organe délicat et puissant. | |

Mosso déjà, en 1905, insiste sur la modification de température d’ordre circulatoire dans le cerveau, lors de la peur. Sollier, Ribot définissent l'émotion, sans en préciser plus la nature. Hæckel, récemment, et Crile, en Amérique, précisent les modifications structurales du protoplasme du neurone. Parascendalo observe une vacualisation et une chromatolyse après le choc psychique, analogue aux lésions décrites par Austin après les grandes frayeurs et les grands traumatismes. Crile indique des lésions semblables ‘après le sacrifice d’animaux effrayés et courrus mais non blessés, de même après les pincements, les traumatismes, les tiraillements, lors des opérations chirurgicales. Nous l’avons vu, la constitution émotive, ainsi que l'entend Dupré, prédispose à ces lésions; elle s'explique, selon Hæckel, par des modifications originelles dans le mode de nutrition cellulaire, un vice d’assimilation ou de désassimilation, avec abondance de déchets libérés où retenus, d’où

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le vice de dynanisme fonctionnel, de l’excitabilité, . de la réflectivité, de la décharge potentielle. On

imagine volontiers une telle altération prédisposante

au choc par l'effet de la maladie chirurgicale, les altérations importantes du blessé, etc.

Ainsi, nous établissons le premier terme du processus : la lésion de la cellule lors du choc moral.

Nous devons la supposer ou tout à fait intense, ‘brusque, comme lors d’un de ces ébranlements psychiques considérables que nous avons cités, ou très abondamment multipliée, renouvelée, grande addition de seceusses émotives. Ces deux conditions se retrouvent aussi pour le choc traumatique : grand écrasement avec attrition des tissus ou multiplicité des plaies. Nous ajouterons aussi le même genre de causes secondaires pour les deux chocs : état de, fatigue antérieur, mauvaises conditions de tous ordres, état de plénitude, d’action, de l'estomac, ete. 20 La théorie du choc, selon Quénu, admet, après le traumatisme, la formation de toxines, et, par diffusion, leur action sur le système sympathico-endocrinien (choc humoral pour d’autres).

Or, après le choc moral ou une sommation d’émotions, n'est-il pas admissible que les échanges, intensifiés au niveau de la très vaste surface des circonvolutions corticales et des noyaux basilaires, amènent une surproduction de déchets. Ou mieux. selon là conception toute récente que nous indiquions de Masson et Berger, une « neurhormone». en tous cas, une sorte de secrétion bien capable de réaliser, elle aussi, un retentissement par voie sanguine ou neurale

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