INTRODUCTION
Lors des récentes discussions sur le choc traumatique, les chirurgiens ont envisagé l'influence du facteur moral, déjà bien connu et étudié depuis les
philosophes du xvi£ siècle; mais, si ils Pont admis
comme cause de déséquilibre «psychique et physiologique», différencié d’avéc les états de choc, de commotion cérébrale, ils l’ont cité pour mémoire, réservant leur activité à l’éclaircissement du complexe choc traumatique, si délicat à interpréter; c’est la gloire de l’école française d’avoir mené à bien cette étude.
Mais, connaissant ce facteur, aucun n’a entrepris de se rendre mieux compte de son mportance lors de lintervention chirurgicale. |
Ce moral, pourtant, avec ses doléances, ses eris
qui paraissent futiles, vains à considérer en regard
du eri de l’organe qui souffre, de la plaie hideuse et dangereuse dont se joue une brillante opération, ce moral a des revanches terribles lorsqu'on le néglige; et le chirurgien peut se trouver pris à son tour, par lui, s’il l’a trop négligé. L’attention de certains d’entre eux, de nos jours, se porte plus vers le psychisme des malades; c’est fort heureux à considérer, car 1l ne peut en résulter qu’une plus universelle admiration pour la branche la plus puissante de l’art, de sauver la vie. :
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Connaître la valeur de l'organisme sur lequel va porter l’acte chirurgical est nécessaire; non moins indispensable est la notion de ce que vaut l’esprit: vouloir opérer un sujet aux énergies réduites paraît aussi dangereux que si ce sont les reins ou le foie qui sont défaillants.
Mériel dit très justement: « Si des échecs survien- «nent après des actes opératoires, c’est moins une «technique bien réglée qu'il faut incriminer, que le «défaut d’étude suffisante du terrain sur lequel lopé- «ration a été pratiquée». [l faut comprendre, dans le «sens du mot terrain, le terrain psychique aussi bien «que le terrain physique.
On n’a guère plus montré le souci de recher-
cher les mesures opportunes pour éviter ou com-
battre les effets fâcheux, pourtant reconnus, de ce. moral.
Nous voudrions, à la lumière des travaux récents, réunir en quelques pages les influences nuisibles à l'esprit, les troubles qu’elles déterminent sur le moral et sur l’état général; si nous le pouvons, nous essaierons d’en imaginer le mode d’action; enfin, notre but serait de réussir à préciser quelques indications thérapeutiques, prophylactiques surtout, du psychisme, que tout chirurgien soucieux de la réussite finale de son intervention, aurait intérêt à connaître (1).
w, (1) Délibérément, nous rejetterons de ce travail tout ce qui concerne
les aliénés : tant la question des.opérations chez eux que les troubles. mentaux post-traumatiques, post: infectieux, etc.