‹ De l'influence du Moral en ChirurgieChapitre 4 sur 24 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Lors des récentes discussions sur le choc traumatique, les chirurgiens ont envisagé l'influence du facteur moral, déjà bien connu et étudié depuis les

philosophes du xvi£ siècle; mais, si ils Pont admis

comme cause de déséquilibre «psychique et physiologique», différencié d’avéc les états de choc, de commotion cérébrale, ils l’ont cité pour mémoire, réservant leur activité à l’éclaircissement du complexe choc traumatique, si délicat à interpréter; c’est la gloire de l’école française d’avoir mené à bien cette étude.

Mais, connaissant ce facteur, aucun n’a entrepris de se rendre mieux compte de son mportance lors de lintervention chirurgicale. |

Ce moral, pourtant, avec ses doléances, ses eris

qui paraissent futiles, vains à considérer en regard

du eri de l’organe qui souffre, de la plaie hideuse et dangereuse dont se joue une brillante opération, ce moral a des revanches terribles lorsqu'on le néglige; et le chirurgien peut se trouver pris à son tour, par lui, s’il l’a trop négligé. L’attention de certains d’entre eux, de nos jours, se porte plus vers le psychisme des malades; c’est fort heureux à considérer, car 1l ne peut en résulter qu’une plus universelle admiration pour la branche la plus puissante de l’art, de sauver la vie. :

DES ED ee

Connaître la valeur de l'organisme sur lequel va porter l’acte chirurgical est nécessaire; non moins indispensable est la notion de ce que vaut l’esprit: vouloir opérer un sujet aux énergies réduites paraît aussi dangereux que si ce sont les reins ou le foie qui sont défaillants.

Mériel dit très justement: « Si des échecs survien- «nent après des actes opératoires, c’est moins une «technique bien réglée qu'il faut incriminer, que le «défaut d’étude suffisante du terrain sur lequel lopé- «ration a été pratiquée». [l faut comprendre, dans le «sens du mot terrain, le terrain psychique aussi bien «que le terrain physique.

On n’a guère plus montré le souci de recher-

cher les mesures opportunes pour éviter ou com-

battre les effets fâcheux, pourtant reconnus, de ce. moral.

Nous voudrions, à la lumière des travaux récents, réunir en quelques pages les influences nuisibles à l'esprit, les troubles qu’elles déterminent sur le moral et sur l’état général; si nous le pouvons, nous essaierons d’en imaginer le mode d’action; enfin, notre but serait de réussir à préciser quelques indications thérapeutiques, prophylactiques surtout, du psychisme, que tout chirurgien soucieux de la réussite finale de son intervention, aurait intérêt à connaître (1).

w, (1) Délibérément, nous rejetterons de ce travail tout ce qui concerne

les aliénés : tant la question des.opérations chez eux que les troubles. mentaux post-traumatiques, post: infectieux, etc.

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