‹ De l'influence du régime libre et de la thérapeutique insulinienne dirigée, sur l'évolution du "Syndrome de Mauriac" dans le diabète infantileChapitre 10 sur 32 · LE ROLE DU FOIE DANS LE METABOLISME GLUCIDIQUE · texte numérisé non relu

LE ROLE DU FOIE DANS LE METABOLISME GLUCIDIQUE

De leur lieu d’absorption au niveau de la barrière intestinale à leur lieu d’utilisation par les tissus périphériques, les hydrates de carbone sont transportés par le sang sous la forme de glucose, et l’on dose la glycémie ou concentration de glucose dans le sang circulant, indice fidèle du métabolisme hydrocarboné. Dépendant de facteurs éminemment variables tels que l’apport alimentaire des sucres et leur consommation par l’organisme, la glycémie n’en demeure pas moins une constante biologique dont le taux normal oscille autour de 1 gramme par litre.

Or le foie est le principal organe régulateur de ce niveau glycémique, et cela grâce à sa fonction glycogénique découverte par Claude Bernard. Les sucres absorbés par l'intestin arrivent au foie par la veine porte sous forme de glucose, de lévulose et de galactose ; ils y subissent diverses transformations :

— une faible quantité de glucose traverse directement le

foie et, par la veine sus-hépatique, gagne la circulation générale ;

be

— une partie est oxydée sur place ;

— l'autre partie est fixée sous forme de glycogène : c’est la glycogénèse hépatique ;

— à partir de ce glycogène le foie libère du glucose dans le sang, selon les besoins : c’est la glycogénolyse ou glycosécrétion hépatique ;

— enfin si les glucides viennent à manquer, le foie peut fabriquer du glycogène à partir des lipides et des protides : c’est la néoglycogénèse hépatique.

Le foie représente ainsi l’organe central du métabolisme glucidique, essentiel au maintien d’une glycémie normale : en cas d’hypoglycémie il augmente sa production de glucose et le déverse dans le sang ; en cas d’hyperglycémie au contraire, il arrête sa production de glucose et peut en emmagasiner sous forme de glycogène. Dans les conditions physiologiques normales le foie arrive à contenir une proportions de glycogène très élevée, jusqu’à 10 % de son poids et plus.

Ce glycogène hépatique apparaît comme une substance d’entrepôt, comme un véritable « volant hydrocarboné » indispensable à la stabilité de la glycémie, bien différent du glycogène musculaire qui est un glycogène fonctionnel destiné à être utilisé sur place à des fins énergétiques. De cette manière la réaction glycosènez glucose, est r1ne réaction physiologiquement réversible qui, envisagée d’une facon très générale, comporte un sens catabolique suivant lequel, à l’appel de l’organisme, le glycogène se transforme en glucose, et un sens anabolique correspendant au passage à l’état de glycogène de l’excès de glucose, que celui-ci provienne d’un apport alimentaire ou d’un processus de néoglycogénèse aux dépens des protides ou des lipides ou encore de produits de dégradation des glucides tels qu’acide lactique ou acide pyruvique. Dans les deux sens, le mécanisme de la transformation est un phénomène de phosporylation faisant intervenir trois diastases indispensables pour un métabolisme normal.

a) La formation du glycogène nécessite :.

— une hexokinase, qui, avec l’acide phosphorique, transforme le glucose en glucose-6-phosphate ou ester de Robison : — une phospho-gluco-mutase, qui catalyse la transforma-

tion de l’ester de Robison en glucose-1-phosphate ou ester de Cori ;

AE LR PET Miss

— une phosphorylase enfin, qui se charge de la formation du glycogène par polymérisation du glucose-1-phosphate.

b) La transformation du glycogène en glucose nécessite inversement : :

— une phosphorylase, qui catalyse l’action de l’acide phosphorique sur le glycogène aboutissant à l’ester de Cori ou glucose-1-phosphate ; :

— une phospho-gluco-mutase, grâce à laquelle l’ester de Cori est transformé en glucose-6-phosphate ou ester de Robison ;

— üne hexose-phosphatase hydrolyse enfin le glucose-6phosphate en acide phosphorique libre, qui entre à nouveau dans le cycle de la réaction, et glucose.

Cette fonction régulatrice du foie dans le métabolisme des hydrates de carbone peut s'exercer d’une façon autonome comme l’ont montré les expériences de Soskin, Essex, Herrick et Mann ; elle est cependant étroitement soumise au contrôle endoctinien et nerveux.

Le foie est en effet directement sensible au taux glycémique de la veine porte : à l’hyperglycémie porte, le foie répond en stockant du glycogène qu’il restitue en glucose lorsqu’apparaît Phypoglycémie portale. De plus, son intégrité anatomique et fonctionnelle est indispensable à cette fonction comme le prouvent les troubles hyper ou hyroglycémiques dûs à ses lésions. Henri Bénard insiste sur l’importance du niveau d’oxygénation de la cellule hépatique, par suite de la très grande sensibilité à l’oxygène, des phosphorvlase et phosphoglucomutase hépatiques ; l’artère hépatique, par le renfort plus ou moins considérable de sang oxygéné qu’elle apporte au sang portal, ajuste à chaque instant, à sa valeur adéquate, Île niveau d’oxygénation du foie que peuvent modifier des influences vaso-motrices.

Mais le contrôle endocrinien est étroit, chacune des glandes endocrines ayant une action sur la fonction glycogénique du foie :

— Le Pancréas par l’insuline : favorise le stockage du glucose dans le foie sous forme de glycogène ralentit la glycosécrétion hépatique permet l’oxydation in loco du glucose et favorise sa transformation en lipides et protides.

— L'ante-hypopyse : favorise la néoglycogénèse surtout aux dépens des graisses augmente la glycosécrétion hépatique.

— Ja corticosurrénale par les 11 oxystéroïdes : favorise la néoglycogénèse aux dépens des protides inhibe la glycogénolyse et augmente le stockage du glycogène dans le foie.

— La médullosurrénale par l’adrénaline : augmente la glycogénolyse hépatique.

— La glande thyroïde : favorise la glycogénolyse favorise la néoglycogénèse aux dépens des protides. — Enfin l’hypothalamus qui exerce son action sur toutes ces endocrines pourrait peut-être avoir aussi une action directe sur le foie.

Page 1