LE MILIEU PHYSIOLOGIQUE ET LE MILIEU PSYCHOLOGIQUE
Sommaire . — 1. Le tompéramont, ses prédispositions à découvrir et à corriger ou à développer. — 2. Le caractère : propensions et aptitudes. — 3. Peu de valeur pratique des solutions générales : nécessité d'une double méthode applicable à chaque cas particulier. — Division.
Avant d'entrer clans le détail des applications concrètes, il est nécessaire de jeter un coup d œil sur le milieu physiologique et sur le milieu psychologique dans lesquels vit le sujet de notre action, afin de noter les secours et les obstacles qu'ils peuvent apporter à notre entreprise.
1. Le tempérament. — Lors de sa naissance, l'enfant est un être principalement sensitif. Il s'agite sous les excitations extérieures, mais ses mouvements ne sont que des réflexes, dont la nature est déterminée par sa constitution. Bientôt, ses organ,es se perfectionnent et s'afïermiss&nt, il ouvre les yeux à la lumière et contemple avec étonnement le monde où il vient d'apparaître : il ne semble pas avoir conscience de son état. Cependant, ses sens deviennent capables de percevoir les objets extérieurs et le plaisir ou la douleur, qu'il éprouve en leur exercice, se traduit par des cris ou des pleurs. Il sourit à, sa mère et manifeste de la sympathie : c'est que déjà il est apte à se former des images. A partir de ce moment, son progrès ne s'arrête
plus : l'aurore de sa jeune intelligence fait place aii grand jour de la raison, sa volonté entre en jeu, il est horame.
Cette évolution ne s'est pas faite indépendamment de Vorganisme. Or, celui-ci est soumis à l'influence des forces chimiques, qui l'avoisinent, et à la longue il s'harmonise avec son milieu. De là résultent des attraits et des répugnances irraisonnées, des attitudes psychologiques, qui s'imposent et qu'à juste titre on attribue au tempérament. « Entre l'action des choses ou des hommes sur nous et la réaction par laquelle nous y répondons, il y a toujours un intermédiaire : notre tempérament, qui produit ce qu'on a si bien nommé « notre indice de réfraction mentale». Le même rayon de lumière traversant un milieu différent changera de direction et se colorera de nuances variées » (1). Il y a, en effet, des prédispositions dues à des causes physiologiques et dont l'influence est d'autant plus redoutable qu'elle est inconsciente. Il nous importe au premier chef de les découvrir afm de les corriger s'il y a lieu.
Sans doute, les physiologistes ne sont guère d'accord au sujet du tempérament. Les uns accordent une influence prépondérante aux humeurs corporelles : bile, sang, lymphe... et classent les tempéraments suivant l'importance de ces facteurs dans l'économie. Les autres, à la suite de Henle, n'admettent. qu'un seul tempérament, le nerveux, dont le ton plus ou moins élevé diversifierait les aptitudes organiques. D'autres enfin, comme M. Fouillée reconnaissent que « l'antique division en quatre tempéraments provenait d'une observation délicate » (2), et que « les résultats pure-
(1) Cf. A. FouiLLKK, Tcmpcidinrnt et caractère, p. 1 (Paris, 1901).
(2) Ibid., p. 24.