‹ De l'influenceChapitre 37 sur 70 · LE MILIEU PHYSIOLOGIQUE · texte numérisé non relu

LE MILIEU PHYSIOLOGIQUE

ment empiriques des observations d'Hippocrate et de Galien sur les tempéraments sanguin et mélancolique d'une part, bilieux et flegmatique d'autre part, méritent avec les rectifications et les interprétations nécessaires d'entrer comme éléments dans une classification scientifique » (1). Il sullirait pour cela de les mettre en harmonie avec les données de la biologie sur le mouvement vital. On distinguera alors, selon M. Fouillée, les tempéraments où domine l'anabolisme ou intégration et ceux où domine le catabolisme ou désintégration (2).

Cependant, les classifications n'ont pour nous qu'une importance secondaire. Ce qui nous intéresse avant tout c'est de savoir comment nous pourrons connaître notre tempérament en vue de le modifier si la chose est souhaitable et possible. Notre double méthode trouve ici un ccmmencement d'application.

En effet, les réactions intenses de notre système nerveux sous telle ou telle excitation définie, nos besoins, nos penchants, nos impulsions, en un mot nos préférences d'origine physiologique, les exercices musculaires, qui nous sont agréables parce qu'ils provoquent suivant le sens de leur orientation naturelle la dépense des forces accumulées dans notre organisme, nous révèlent à nous-mêmes. Tout cela nous fait connaître nos prédispositions corporelles. Mais celles-ci, pourrions-nous les modifier si nous le jugions utile ? Oui, la chose est réalisable, car en nous rien n'est jamais irrémédiablement figé et notre vie physiolo-

(1) Cf. A. Fouillée, Tempéiamcnl cl curudère, p. 2ô (Paris, 1901).

(2) Ihid., liv. I, ch. I, où Tauteur classe les tempéraments suivant deux types : le sensitif (intégration) et l'actif (désintégration), qu'il subdivise au ch. II, p. 24, de la manière suivante : « De là, quatre condjinaisons principales : en premier lieu, des sensitifs à réaction prompte mais peu intense ; en second lieu, des sensitifs à réaction plus lente, mais intense ; en troisième lieu, des actifs à réaction prompte et intense ; enfin, des actifs à réaction lente et modérée ».

gique comme notre vie psychologique est dans un perpétuel devenir. L'équilibre corporel se fait, se défait, se refait sans cesse et il n'est pas rare de constater en lui des modifications profondes. Le tempérament de l'adulte est souvent bien différent de celui qui caractérisait son enfance. D'ailleurs aucun tempérament n'est exclusif. Chez nous comme chez tout individu concret, à côté du tempérament dominant pointent des aptitudes diverses, dont le développement corrigera la première poussée de la nature. L'hygiène, le régime, l'exercice, la pression continue d'un milieu entraînant à des adaptations habilement graduées par nos soins y travailleront, jusqu'à ce que soit établi en nous un équilibre favorable au déploiement des activités psychiques, que nous entendons développer par la suite.

L'on procédera de même à la préparation de cette base physique de l'éducation d'autrui. Prenons par exemple un enfant de la catégorie désignée jadis sous le nom de lymphatique : grande fraîcheur de coloris, embonpoint qui est plutôt l'effet de la boursouflure que de la santé, chair molle et sans consistance, traits sans vie ni animation, voilà les premières données de l'observation. Elles font prévoir, ce que d'ailleurs l'expérience confirme, une grande propension au sommeil due au peu de vivacité des images et des émotions. Cet enfant n'a guère de passions ; il aime peu, car l'affection est activité et il est presque inerte. Il se laisse aimer sans savoir rendre sacrifice pour sacrifice. Parfois cependant, il comprend vaguement ce que la délicatesse en affection exigerait de lui, mais il n'a pas le courage nécessaire pour agir avec tact. Point d'élan chez lui, rien de généreux ni de vif ; au contraire une vie avare qui semble économiser ses forces et se défendre par égoïsme. Point d'initiative :

Page 1