‹ De l'influenceChapitre 40 sur 70 · DIVISION · texte numérisé non relu

DIVISION

Nous nous heuilons dès lors à une nouvelle difficulté, car notre conscience psychologique nous place en face d'une complexité mouvante, où il n'est point aisé de porter la lumière de l'analyse. Tout se tient, en effet, dans l'unité simple de notre moi. Les divers phénomènes, qui y surgissent, s'impliquent les uns les autres et ne peuvent se séparer réellement : lorsque nous parlons d'une idée qui nous absorbe, d'une douleur qui nous envahit tout entiers, ce n'est ni un pur fait de pensée ni un pur fait d'émotion, que nous traduisons en notre langage ; c'est le caractère dominateur de notre synthèse psychique actuelle. Pas plus c{ue l'atome, au dire des physiciens, — un état d'âme ne se rencontre isolé ; et cependant cela serait souverainement utile à qui veut l'examiner. Faute donc d'une distinction concrète, il nous faudra, comme nous Tavons déjà fait (1), recourir à une distinction idéale, qui toutefois ne sera pas sans fondement dans la réalité.

Division. — Ce procédé est légitime, puisqu'il est une des conditions nécessaires du travail scientifique. D'un objet déterminé, les diverses sciences prennent des vues spéciales : nombre, étendue, qualités physiques, affinités, etc., et considèrent à part des propriétés inséparables dans l'être concret. Elles préparent ainsi une connaissance aussi exacte que possible de cet objet pour celui qui saura réunir leurs données dans une intuition unique. — Sous cette réserve d'une vue synthétique indispensable pour coordonner — dans chaque cas particulier et concret — les données de l'analyse, nous sommes contraints de considérer successivement, sous ses divers aspects,

(1) Cf. Livre premier, cli. II.

le continuel mouvement de notre vie psychologique.

Or, de l'extérieur, — et l'on est assez d'accord sur ce point pourvu qu'on n'y voie qu'un procédé de méthode, — nos phénomènes semblent se distinguer spontanément en états d'âme à caractère dominateur sensible, intellectuel, volontaire.

Voilà pourquoi, suivant la division classique, nous étudierons quelle peut être l'efTicacité d'une influence éclairée sur la vie sensible, sur la vie intellectuelle, sur la vie volontaire.

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