I. — Théoru
Notre iDtervention pourrait-elle en quelque mesure promouvoir la vie de l'esprit ? Nous le pensons, car les phénomènes intellectuels obéissent à des lois qui semblent favoriser d'une manière spéciale l'usage de notre double méthode d'investigation et d'action.
Pour nous en convaincre, il sullit de rappeler ici en une courte synthèse, — éclairée par nos conclusions sur la loi, le mode et les exigences de l'influence efficace, — les résultats de notre étude analytique (1).
1. Le progrès en trois étapes. — Au dire des physiologistes, l'impression organique est le prolongement ou plus exactement l'écho du mouvement extérieur : les cônes et bâtonnets de la rétine ou les fibres de Corti vibrent à, l'unisson des excitations physiques, qui les entraînent à Vacte commun en partie douhle que nous avons décrit plus haut (2). C'est une première assimilation ; d'ordinaire elle est suivie d'une accommodation ou adaptation pour mieux recevoir l'influence extérieure ; enfin, selon son degré d'harmonie avec nos tendances corporelles, elle provoque en l'âme un contre-coup agréable ou pénible : la sensation.
Mise en éveil par cette dernière, l'âme réagit et désire se rendre compte du phénomène qui se passe chez elle, puis par son intermédiaire de la cause qui le provoque. Pour cela elle s'adapte à l'impression reçue : c'est le fait de l'attention spontanée. Alors se forme une représentation mentale de l'objet, représentation bien imparfaite sans doute, mais exacte au
(1) Dans le livre premier (ch. II, III, IV, V), nous avons montré que toute influence se fait par voie d'assimilation conquérante ; ici, nous constatons que cette assimilation se réalise par adaptation progressive grâce à des aptitudes déterminées. Nous marquons les conditions de cette marche parce que leur connaissance seule nous permet d'entreprendre une action eincace sur l'évolution de la vie intellectuelle.
(2) Cf. snpra, livre second, ch. VI.