‹ De L'Influence Heureuse Du Séjour Prolongé De La Sonde À Demeure Chez Certains ProstatIquesChapitre 12 sur 20 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Communiquée par le docteur River.

P... (Louis), 68 ans, de Nantes.

Malade assez bien portant d'habitude, n'ayant aucun antécédent intéressant.

Depuis deux ans et demi, il présente des mictions fréquentes la nuit (il doit se lever trois ou quatre fois et ne peut uriner qu'après un peu d'attente). |

Il y a un an, il est pris soudain de rétention complète à la suite d'un refroidissement.

Un médecin appelé essaie pendant près d’une heure de lui passer une sonde, mais ne peut y arriver. Il provoque une urétrorragie abondante.

Le docteur Rivet, appelé sur ces entrefaites, passe facilement une sonde béquille n° 18 avec le mandrin de Guyon.

La vessie vidée, le toucher prostatique révèle l'existence d'un adénome.

La sonde est laissée à demeure du-22 au 27 novembre 1913, soit cinq jours. Le malade, ne pouvant uriner au courant de la journée, appelle son premier médecin qui ne peut encore replacer la sonde. Celle-ci butte dans le cul-de-sac du bulbe très développé. Nouvelle hémorragie.

Le docteur Rivet la remet de nouveau aisément avec le même subterfuge.

Le 5 décembre, elle est enlevée, mais même résultat négatif.

Nouvelle sonde à demeure jusqu’au 13 décembre. À cette date, on n'a pas plus de succès que précédemment ; quand on retire la sonde, le résultat est toujours le même.

Devant le bon état général du patient, on lui propose une intervention qui paraît simple. L'opération est absolument repoussée par le malade et son entourage. -

Pendant trois semaines, la sonde est remise, mais changée tous les huit jours, le malade, très docile et très soigneux, et une garde exerçant une surveillance étroite. Aucun résultat.

Finalement, la sonde est laissée trois mois. Tous les huit jours, on en débarrasse le patient pour voir s’il pourra uriner seul.

Le 95 février 1914, on a enfin la satisfaction de constater que, quelques heures après son ablation, le malade peut émettre une pelite quantité d'urine. Dans le courant de la journée, il continue à uriner assez fréquemment, sans trop de difficultés.

Les jours suivants, les envies sont moins fréquentes; il vide bien sa vessie et depuis les fonctions se rétablissent même mieux qu'avant le début des accidents. 3

Pendant cin aus, le patient est suivi; il fut emporté par une grippe infectieuse, mais jamais les fonctions urinaires ne lui firent défaut.

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