‹ De L'Influence Heureuse Du Séjour Prolongé De La Sonde À Demeure Chez Certains ProstatIquesChapitre 15 sur 20 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Communiquée par le docteur River.

J... (François), charpentier, 69 ans.

Un soir, le 29 mai 1903, après deslibations inaccoutumées, ce malade fait de la rétention totale d'urine.

Auparavant, il n'avait jamais rien présenté d'anormal, sauf quelques mictions nocturnes (depuis un an il se levait deux ou trois fois chaque nuit).

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Ce malade étant assez difficile à sonder, son médecin ne peut y parvenir avec une sonde de Nélaton et appelle le docteur Rivet.

M. J... habitant assez loin de Nantes, le docteur Rivel passe une sonde de Malécot montée sur mandrin courbe et la laisse à demeure.

Le 8 juin, elle est enlevée sans résultat. Dans la soirée, on en remet une autre qu'on retire huit jours plus tard, mais sans plus de succès.

Pendant deux mois, on change la sonde (outes les semaines et, au bout de ce laps de temps, il est guéri, du moins pour longtemps.

Cet homme, extrêmement vigoureux, a vécu dix ans sans avoir aucun ennui du côté de l'appareil urinaire, mais alors il est repris de phénomènes de demi-rétention.

Étant donnés sa grande vigueur, son bon élat général et la présence d'un adénome facilement enlevable, le docteur Rivet lui propose une prostatectomie sus-pubienne qu'il accepte:

Bien qu'il eût 79 ans au moment de l'opération, les suites en furent parfaites.

Agé aujourd'hui de 85 ans, il ne présente que quelques troubles de la miction datant de quelques mois seulement et caractérisés par une déformation et une faible portée du jet, un reliquat vésical de 40 à 50 grammes et une légère pollakyurie nocturne.

Ils semblent dus à une athrésie cicatricielle au niveau de ce qui fut l'urètre prostatique. Un béniqué n° 60 passé tous les mois et un lavage de vessie consécutif l'ont considérablement amélioré.

OBSERVATION Y (personnelle).

Ch... (Jean), cultivateur, 71 ans.

Rentré à l'Hôtel-Dieu de Nantes le 3 mars 1919. La veille, ayant bu un peu plus que de coutume, il n’a pu uriner. |

Souffrant beaucoup, il fait appeler son médecin. Celui-ci vient dans la nuit, mais ne peut le sonder avec une sonde de Nélaton; aussi le lendemain matin, il le fait entrer à l'Hôtel-Dieu.

Le cathétérisme, fait dès son arrivée, salle 10, au moyen d’une sonde béquille n° 18 sur mandrin de Guyon, donne issue à environ 1 litre de liquide. |

Le malade raconte que depuis deux ans, il avait quelques ennuis du côté de la vessie. Toutes les nuits, il se levait trois ou quatre fois pour uriner. Les mictions étaient difficiles et précédées d'un peu d'attente, le jet déformé et sans force. Dans la journée, il lui arrivait quelquefois de mouiller sa chemise.

Au toucher rectal, on reconnait une prostate hypertrophiée, bien délimitable, mais plus étalée qu'un adénome et moins dure qu'un carcinome.

L'état général du sujet laisse à désirer. Son teint est un peu jaunâtre ; il présente une mauvaise circulation; il a, en outre, une soif ardente et pas d'appélil; aussi une opération semble contre-indiquée.

Les six premiers jours qu'il passe à l'hôpital, on le sonde matin et soir et tous les jours un des cathétérismes est suivi d'un lavage vésical au uitrate d'argent à 1 millième.

Les mictions ne se rélablissant pas, on lui laisse à demeure une sonde béquille n° 20.

Au bout d'une semaine, on lenlève pendant une demi-journée, mais le malade ne pouvant uriner souffre aussi, on en remet une autre.

Tous les six ou sept jours, il reste plusieurs heures sans sonde, mais il ne peut vider sa vessie. |

Enfin, le 9 avril, il évacue quelques grammes d'urine, deux heures après que la sonde est enlevée. On croit la guérison obtenue, mais ce n’est qu'une amélioration, car, en dix heures, il n’a uriné que 120 à 150 grammes. : ,

Le traitement est repris et, huit jours plus tard, nouvelle amélioralion. Dans la journée, il émet 300 à 350 grammes de liquide. Le soir, on le sonde pour évacuer le reste du contenu vésical, mais dans la nuit, il refait de la rétention, aussi le lendemain matin, on place une autre sonde à demeure. é

Celle-ci étant enlevée au bout d’une semaine, la miction est plus facile et plus complète, le patient garde cependant un reliquat vésical de 200 à 250 grammes au bout de vingt-quatre heures.

Tous les soirs, on lui fait un cathétérisme. De jour en jour, le

reliquat diminue et le 19 mai les fonctions urinaires sont bien rétablies.

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Le malade quitte l'hôpital le 22 mai, urinant mieux qu'avant sa crise de rétention,

OBsERvATION-VI (personnelle).

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