‹ De L'Influence Heureuse Du Séjour Prolongé De La Sonde À Demeure Chez Certains ProstatIquesChapitre 16 sur 20 · L.., (Urbain), de Nantes · texte numérisé non relu

L.., (Urbain), de Nantes

À la fin du mois de mai 1917, ce malade éprouve quelques troubles de la miction.

Il se plaint d'uriner fréquemment (au moins une fois toutes les deux heures), de souffrir pendant la miction et d'avoir une urine purulente.

Des inslillations au protargol à 1 p.100 l’améliorent considérablement, et bientôt il peut rester trois et même quatre heures sans uriner. |

Un an auparavant, il avait déjà souffert. Dans la vessie et à plusieurs reprises, de petits calculs gros comme des lentilles ont été expulsés pendant la miction qui était, d'ailleurs, très douloureuse - après la sortie des graviers.

Il présentait en même temps de la cystite que des instillations au protargol purent guérir.

Le 24 avril, malgré tous ses efforts, il ne peut uriner, seules quelques gouttes d'urine s’écoulent de temps en temps dans sa chemise.

Il est intoxiqué, dyspnéique, abattu et présente de l'œdème des . membres inférieurs.

On le sonde avec une sonde de Nélaton, et on évacue près d'un litre d'urine très trouble, les dernières gouttes sont même franchement purulentes.

Le lendemain, la même opération est répétée le malin et le soir ainsi que les jours suivants, et chaque cathétérisme est suivi d'un petit lavage au protargol à 1 p. 500 dont on laisse une vingtaine de grammes dans la vessie.

Le 3 mai, M. L..…., n'ayant pas encore pu uriner seul, on place une sonde à demeure pendant huit jours.

Le 11 mai, la sonde étant enlevée, le malade se lève, mais dans le courant de la journée il ne peut uriner que 40 à 50 cc.; aussi une autre sonde béquille est fixée. :

Cinq jours après, on refait l'expérience précédente, le résultat est le même.

On recommence le même mode de traitement et au bout de douze jours on constate une légère amélioration, de 7 heures du matin à 8 heures du soir, le patient peut évacuer 250 grammes d'urine environ.

Un cathétérisme fait à la fin de la journée donne un reliquat vésical

de plus de 300 grammes, aussi nouvelle sonde à demeure qu'on enlève après dix jours de séjour dans l'urètre. . Cette fois, l'amélioration est plus sensible, M. L... urine sans peine et le soir sa vessie ne contient qu'environ 100 grammes de liquide. Il ne veut plus de sonde à demeure, tous les soirs on vide sa vessie avec üne sonde de Nélaton, le reliquat va en diminuant, et le 12 juin, le malade part à la campagne se croyant guéri.

En août 1918, il revient à Nantes avec des phénomènes de cyslite et de demi-rétention. La température atteint 39 degrés, l'état général est très mauvais, il semble perdu. €

On recommence le traitement qui lui avait si bien réussi précédemment, el au bout de trois semaines son urine est redevenue claire, la fièvre est Ltombée complètement et il urine bien. Il semble encore guéri, mais huit mois après, les mêmes phénomènes de cystite se reproduisent, il fait en même temps de l’urémie et succombe.

OBSERVATION VII (personnelle).

B... (Jean), 68 ans, de Chantenay, entre à l’Hôtel-Dieu, salle 10, lit n° 18, le 3 juillet 1918.

La veille, à la suite d'un refroidissement, il n’a pu uriner.

Depuis longtemps, il se plaignait d’uriner avec difficultés, en faisant des efforts; la nuit, il se levait quatre à cinq fois et remplissait son vase. Il évalue à environ 3 litres la quantité d'urine produite en vingtquatre heures. :

Examen du malade à l'entrée à l'hôpital : Globe vésical se dessinant sous Ja paroi abdominale, le cathétérisme donne environ 800 grammes à 1 litre d'urine.

FOR D ee

Le toucher rectal fait sentir une prostate volumineuse, bien délimitable, de consistance ferme, la même partout, sauf en trois points où l’on sent de petits noyaux plus durs.

L'état général du malade laisse à désirer, il a beaucoup maigri, n’a pas d'appétit, mais une soif ardente.

La polyurie fait craindre un mauvais fonctionnement rénal qui est d’ailleurs confirmé par l'épreuve de l'élimination provoquée dont le, début est très retardé et le dosage d'urée dans le sang qui donne le chiffre de 0 gr. 76 par litre.

Il est dangereux d'intervenir chez ce malade, aussi on le soumet à un traitement médical.

Le 6 juillet, une sonde béquille n° 19 est mise à demeure, tous les matins on y fait passer un lavage de vessie au protargol à 1/500.

La sonde s'incruste rapidement de sels calcaires, on la change donc tous les cinq jours.

Au bout de quinze jours, une amélioration se manifeste dans l'état général du palient, il mange mieux, n’a plus cette soif qui le tourmentait et la polyurie a un peu diminué.

Trois semaines après son arrivée à l'hôpital, on le laisse quelques heures sans sonde. Aucun résultat.

On lui remet une sonde de Malécot pendant douze jours. Quand on l'enlève, il peut émettre quelques gouttes d'urine, mais le soir, sa vessie élant remplie, on doit recommencer le traitement.

On refait. Ja même expérience dix jours plus tard, mais sans plus de succès, puis une semaine après.

Cette fois, le résultat est excellent, le malade urine bien, quoique fréquemment.

Les jours suivants, on lui fait des instillations de nitrate d'argent à 1/200, puis à 4/100, et le 44 septembre, il sort de l'Hôtel-Dieu n'ayant plus aucun trouble urinaire.

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