CHAPITRE VI
Hygiène du prostatique qui a été soumis au traitement.
Lorsque, par suite de l’action prolongée de la sonde à demeure, le malade a pu uriner normalement, le traitement n’est pas cependant complètement terminé.
Pour éviter de nouvelles poussées congeslives ou pour agir contre les complications qui peuvent se traduire, un régime spécial accompagné de soins hygiéniques et de quelques médicaments doit être institué.
Hygiène générale. — L'exercice est recommandé aux prostatiques, mais exercice sans faligue, indiqué surtout après le repas. La marche est le meilleur de tous.
Le décubitus horizontal prolongé et la position assise leur sont nuisibles.
Il faut aux malades une nourriture réconfortante, mais éviter les excès de table et ne jamais prendre de mets excitants, d’alcool, de poissons de mer, mollusques, crustacés, de viandes faisandées, de salaisons, de conserves et d'asperges. |
Comme boissons, supprimer l’eau-de-vie, le café, le thé, les
liqueurs, la bière, les vins généreux ou fortement alcooliques et
les boissons particulièrement diurétiques, mais il faut cependant les autoriser à prendre une faible quantilé d'alcool aux repas, par exemple un peu de vin ordinaire additionné d’eau.
Les viandes de bœuf et'de mouton sont celles qui leur conviennent le mieux, mais ce qu’il faut surtout éviter, ce sont les repas copieux, en particulier celui du soir.
RE
Veiller à la liberté de l'intestin au moyen de lavements ou de laxatifs, la constipation déterminant une stase sanguine du côté du bassin et de la vessie. Comme laxatifs, nous employons surtout la rhubarbe, le cascara et la magnésie calcinée.
Les petits lavements d'eau froide à conserver le soir, conseillés par Marion, ou les grands lavements chauds à 45 ou 30 degrés, conseillés par Reclus, produisent un excellent effet en combattant la congestion des organes pelviens en même temps que la constipation.
Les refroidissements, surtout celui des pieds, ont une action importante sur les complications de l'hypertrophie prostatique. 1! faut donc que les malades se méfient de toutes les causes sus- ceptibles de provoquer un refroidissement : froid aux pieds et aux mains, variations brusques de température, vêtements insuffisamment chauds.
Les excitalions vénériennes ont une mauvaise influence sur les prostatiques et doivent, par conséquent, être évitées.
Nous recommandons les bains, douches et massages qui activent les fonctions de la peau ct suppléent aux éliminations __ insuffisantes des produits de déchets par les reins.
Quelques médicaments peuvent dans certains cas nous rendre service. à
. La strychnine sera donnée pour agir sur la tonicilé vésicale, l’iodure de sodium sera indiqué chez les athéromateux à dose faible, 0 gr. 20 à 0 gr. 50 s’il est bien supporté, et chez les prostatiques infectés, l'urotropine, 1 gr.50 par Jour, donne quelquefois de bons résultats.
Chez ceux-ci, nous emploierons en outre, pour les lavages vésicaux ou les instillalions, des solutions de nitrate d'argent ou de protargol, solutions que nous remplacerons, lorsqu'elles provoqueront de la douleur, par de l'eau boriquée ou du permanganate de potasse à 1/8.000.
Après leur guérison, les malades auront aussi avantage à se faire passer de temps en temps quelques gros béniqués qui massent les tissus ct maintiennent le calibre normal de l’urètre.
Un massage de la prostate, pratiqué après la dilatation au béniqué, peut aussi rendre quelques services.