CHAPITRE Il
indications de la sonde à demeure.
Dans quels cas doit-on trailer un prostatique au moyen de la sonde à demeure ?
On peut dire que ce traitement n'étant appliqué qu'à ‘des malades chez lesquels il est impossible ou dangereux de faire une proslatectomie, il nous suffit, pour trouver les indications de la sonde à demeure, de passer en revue les cas dans lesquels on ne doit pas intervenir chirurgicalement chez les prostatiques.
Ceux-ci sont nombreux, nous trouvons d’abord dans la nature de l'hypertrophié de la prostate une indication ou une contreindication à l'intervention.
En effet, si le plus souvent on se trouve en présence d'un adénome, il arrive aussi que bien des fois le toucher rectal nous permet de sentir des prostates grosses mais non adénomateuses.
Quels sont les signes qui nous permettent de reconnaitre la nature de l'hypeñtrophie de la prostate? |
L'adénome fait dans le rectum une saillie assez importante de consistance ferme quoique un peu élastique mais uniforme dans toute son étendue. La tumeur est facile à délimiter avec le doigt, sauf lorsque l’hypertrophie est considérable, On ne peut, dans ce cas, atteindre le bord supérieur de la prostate.
À côté, nous trouvons des prostates présentant les mêmes caractères, mais dans lesquelles nous sentons des petits noyaux plus durs qui nous font craindre un début de dégénérescence cancéreuse. |
Puis vient le carcinome prostatique. Au toucher rectal, deux
particularités nous permettent de faire le diagnostic : l’irrégularité et l’induration.
À la surface de la prostate, le doigt sent des bosselures d’une fermeté, d'une résistance ligneuse caractéristique. On trouve encore un autre signe de grande valeur : la disparition des bords de la prostate au niveau de ses limites latérales. La pros- : tate semble se continuer avec les tissus voisins.
Enfin, dans les cas d'hypertrophie type prostatite chronique, on trouve une prostate grosse, mais plutôt plate, étalée, moins dure que le carcinome et non bosselée, avec, par endroits, des portions plus molles.
De tous ces types, seul l’adénome est justifiable de la prostatectomie ; les autres étant hypertrophiés en masse, il n'existe pas de plan de clivage permettant l'énucléation de la tumeur.
Nous essaierons donc dans ces cas le traitement au moyen de la sonde à demeure.
Mais tous les malades porteurs d’adénomes ne sont pas opérables.
Il y a d’abord les malades trop âgés. Sauf quelques rares exceptions, à partir de 80 ans, l'opération expose à bien des dangers.
Les prostatiques étant des vieillards, leurs organes ont souffert.
Pour l’intervention, les risques viennent surtout de l'hypertension artérielle, de l’intoxication urinaire et surtout de l'insuffisance rénale.
Nous reconnaîtrons l'hypertension artérielle aux signes suivants : oppression et palpitations à l'effort, sensation de doigts morts, bourdonnements d'oreille; signe de la temporale, dureté des artères, bruit de galop et souvent œdème du poumon.
L'intoxication urinaire se traduit par des troubles digestifs : diminution de l'appétit, langue saburrale, vomissements , hoquet, constipation et souvent diarrhée qui leur permet d’excréter par leur intestin ce que le rein n’a pu éliminer.
L'infection se manifeste par de la goutte soit aiguë, soit chronique.