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LA MORT &ÉNÉRÀLE
En résumant ce qui a été dit dans les articles précédents, de l'influence qu'exerce le poumon sur le cœur, sur le cerveau et sur tous les organes, il est facile de se former une idée de la terminaison successive de toutes les fonctions, lorsque les phénomènes respiratoires sont interrompus, tant dans leur portion mécanique, que dans leur portion chimique.
Voici comment la mort arrive si les phénomènes mécaniques du poumon cessent, soit par les diverses causes exposées dans l'article 5*^, soit par d'autres analogues, comme par une rupture du diaphragme survenue à la suite d'une chute sur l'abdomen, dont les viscères ont été refoulés supérieurement, ainsi que j'ai déjà eu deux fois occasion
Ue l'observer par la fracture simultanée d'un grand nombre de côtes, par l'écrasement du sternum, etc.
1\ Plus de phénomènes mécaniques; 2<^. plus de phénomènes chimiques, faute d'air qui les entretienne; 3^. ylus d'action cérébrale, faute de sang rouge qui excite le cerveau; 4''. plus de vie animale, de sensation, de locomotion et de voix, faute d'excitation dans les organes de ces fonctions, par l'action cérébrale et T)ar le sang rouge; 5°. plus de circulation générale; 6°. plus de circulation capillaire, de sécrétions, d'absorption, d'exhalation, faute d'action exercée par le sang rouge sur les organes de ces fonctions; 7°. plus de digestion faute de sécrétion et d'excitation des organes digestifs, etc. etc.
Les phénomènes de la mort s'enchaînent différemment, lorsque les fonctions chimiques du poumon sont interrompues; ce qui arrive, 1°. dans la macliine du vide; 2°. lors de l'oblitération de la trachée-artère, par un robinet adapté artificiellement à ce canal, par un corps étranger qui j est tombé, par un autre qui fait saillie à la partie antérieure de l'œsophage, par la strangulation, par un polype, par des matières muqueuses amassées dans les cavités aériennes, etc.; 3°. dans les différentes affections inflammatoires, squirreuses et autres, de la bouche, du gosier, du larynx, etc.; 4°. dans la submersion; 5°. lors d'un séjour sur le sommet des plus hautes montagnes; 6^ dans l'introduction accidentelle des différents gaz non respirables, tels que les
gaz acide carbonique, azote, hydrogène, mnriatique oxygéné, ammoniac, etc; 7°. lors d'une respiration trop prolongée dans l'air ordinaire, dans l'oxigène, etc., etc... Dans tous ces cas, la mort survient de la manière suivante:
l''. Interruption des phénomènes chimiques; 2"*. suspension nécessairement subséquente de l'action cérébrale; 3°. cessation des sensations, de la locomotion volontaire, par la même raison de la voix et des phénomènes mécaniques de la resjjiration, phénomènes dont les mouvements sont les mêmes que ceux de la locomotion volontaire; à'\ anéantissement de l'action du cœur et de la circulation générale; 5°. terminaison de la circulation capillaire, des sécrétions, de l'exhalation, de l'absorption, et consécutivement de la digestion; 6". cessation de la chaleur animale qui est le résultat de toutes les fonctions, et qui n'abandonne le corps que lorsque tout a cessé d'y être en activité. Quelle que soit la fonction par laquelle commence la mort, c'est toujours par celle-ci qu'elle s'achève.