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perdra tous ses esclaves qui obtiendront du prince leur liberté (1).
Enfin le concile de Reims (625) interdit de vendre des esclaves aux Juifs et aux Gentils : si de pareilles ventes ont été faites, elles seront annulées (2).
Les esclaves chrétiens n'auront donc plus que des maîtres chrétiens: ils seront à l'abri des séductions et de la contrainte qui pouvaient mettre en danger la liberté de leur foi.
Néanmoins la cupidité peut mal conseiller un maître môme croyant : s'il arrive qu'un esclave soit forcé de travailler le dimanche ou un jour de fête, alors cet esclave sera libre de plein droit et le maître paiera trente sols d'amende (3).
Ainsi le décident les lois anglo-saxonnes du roi Ina qui ne sont pas seulement l'œuvre de ce prince, mais celle d'une espèce de concile ; car on lit dans le prologue de ces lois : « Moi, Ina, par la grâce de « Dieu, roi des Saxons occidentaux, d'après lés con- « seils et les enseignements de Ceureda, mon père, « de mes évêques Hedda et Corkenwold, et avec
(1) Canon 66.
(2) Canon 11.
(3) L. ni.
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« l'assista nce des sages de mon peuple et d'4]n grand c nombre de ministres de Dieu, j*ai délibéré dans « rintérêt de mon salut et pour assurer de solides < fondements à mon empire, de donner à mon peu- « pie les meilleures institutions et les lois les plus « équitables (1).»
Ici on doit remarquer que le clergé, en multipliant les fêtes, multipliait les heures de repos pour les serfs constamment assujettisaux plus pénibles corvées; c'était leur donner le loisir de relever de temps en temps vers le ciel leur tète courbée vers la terre par des travaux abrutissants.
Enfin le concile de Berghamsted (697) déclare que si un maître donne à manger de la viande à son esclave un jour de jeûne, l'esclave reste libre (2).
Ainsi ce n'est pas seulement l'apostasie imposée à un esclave qui lui vaut la liberté, c'est le moindre acte qui porte atteinte à la liberté de sa conscience chrétienne. On voit que la surveillance de l'Église à cet égard est la surveillance attentive et inquiète d'une mère. De tous ses enfants ceux qu'elle protège peut-^
(1 ) Leg. Barbarorum. CJonciani, tom. III, p. 234. (2) Canon 15. Ce concile, convoqué sous le roi Witbred, fut présidé pir Berthuald, archevêque de Cantorbéry.
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être avec le plus de soin, ce sont leâ esclaves, parce que les abus d'une autorité arbitraire menacent sans cesse leur foi et leurs mœurs des plus funestes et des plus imminents périls.
Il nous reste à dire quelque chose des formes de raffranchissement ou delà manumission. Ces formes variaient suivant les législations des divers peuples. Chez les Francs, dans la cérémonie appelée denanalisj l'afiranchi, en présence du roi ou de sa cour, jetait un denier, signe du rachat dé sa servitude. La manumission put aussi avoir lieu aux pieds dés autels, quand lès Francs furent convertis au chtistianisme.
Chez les Anglo-Saxons, l'affranchissement devait se faire en plein marché, dans l'Église ou dans l'assemblée du Comté. Le maître y conduisait par la main son esclave portant la serpe et l'aiguillon : il plaçait devant lui à terre la lance,répée et le bouclier, symboles de la liberté ; il lui montrait ensuite les portes ouvertes, ou les roules libres. L'affranchi jetait alors au loin l'aiguillon et la serpe, instruments de ses anciennes occupations serviles ; il ramassait l'armure du guerrier, se relevait fièrement et sortait libre de
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TeBceinte OÙ ii était eatré esclave (1). Mais, comme le dit un savant anglais (2) de nos jours, la forme sous laqudile dut se produire plus ordinairement Témancipation des esclaves dut être la forme religieuse ; car c'était par la pensée religieuse qu'elle était presque toujours inspirée. On offrait l'esclave qu'on avait racheté devant l'autel de la grande victime qui était venue nous racheter tous avec son sang. On compre^ nait instinctivement que c'était la bonne œuvre par excellence, celle qui était le plus dans l'essence même du christianisme. C'est sans doute le même senti-ment qui faisait souvent écrire la mention des actes d'affranchissement sur les marges mêmes de l'Évangile. — Ces petites chartes d'émancipations partielles étaient admirablement placées dans ce livre divin, qui "^ '■ est lui-même le grand titre d'émancipation de l'hu-
manité tout entière.
(1) Conciani, Leg. Barbarorum,
(2) Kemble, The saxoiu in England.