ORIGINE DBS TRÊVES ET DES PAIX
que le repos et la paix , jusqu'à ce que la déesse,
fatiguée de son long commerce avec les mortels, soit ramenée par le prêtre dans son île sombre et sa forêt sacrée (1).»
Tels étaient les mythes civilisateurs qui tendaient à adoucir les mœurs de ces brigands des mers du Nord » appelés Varins, Angles et Scandinaves. Telle était la religion qui après avoir déifié la guerre et les orages s'attachait à déifier la paix; elle plaçait ainsi sous la garde du ciel cette sécurité intérieure qui double^pour lana* tion, les bienfaits de la paix extérieure, fruits des victoires remportées au dehors.
Le mot de paix s'entendait donc surtout de la paix
intérieure, de l'ordre pubh'c ; en ce sens, on la re* gardait comme un don et une faveur des Dieux; c'était un titre de gloire pour les rois de la maintenir parmi leurs sujets ; pour les peuples de la faire ré* gner dans leur sein. Qu'on lise le premier prologue de la loi salique, qui remonte au moins au vi« ou au vu* siècle. On y verra que la nation franque n'était
(1) Tacite, De moribus Gennaniœ (40). Suivant les uns, cette île est l'île de Rugen dans la mer Baltique, selon d'autres, ce serait celle de Helgoland (Heiligeland, île sacrée, île sainte), près de Tembouchure de l'Elbe.