ORIGINE DBS TRÊVES ET DES PAIX. U
successeuts. ^-^ « Nous ne pouvons tous être rois, « disait Charles le Chauve à ses grands feudataires, c et cependant nous souffrons avec impatience celui « que Dieu a placé au dessus de nos têtes (1 )• »
Ces, plaintes ne faisaient que constater les progrès de l'usurpation sans les arrêter. Le droit divin était vainement invoqué contre un droit nouveau^ le droit féodal, qui tendait à se former et à prévaloir. A la faveur du démembrement de Tempire carlovingien, les droits régaliens se dispersaient entre les barons et autres feiidataires. Les règlements de paix perdaient toute leur force.
En présence de Taffaiblissement ou plutôt de Ta-^ néantissement du pouvoir central , la guerre privée devint une voie nécessaire, ultima ralio, à laquelle les bénéficiers et possesseurs de flefs purent avoir recours, quand aucun tribunal supérieur ne voulait ou ne pouvait leur rendre justice.
La guerre privée fut donc légitime à deux conditions : r II fallait que cette impossibilité fûtcon-
(l) On peut voir dans le dernier volume de V Histoire du Consulat et de l'Empire^ de M. Thiers, le magnifique parallèle que fait ce grand historien entre Napoléon et Cbarlemagne. Charlemagne a trouvé cette fois un peintre digne de lui.