‹ De l'influence sociale des concilesChapitre 45 sur 60 · MENT A TOUS LES DEGRÉS · texte numérisé non relu

MENT A TOUS LES DEGRÉS

L'Église songea d'abord à assurer le pain du corps à ses enfants, pauvres, infirmes ou pèlerins. Elle chercha ensuite à leur donner la sécurité ; enfin elle

voulut leur procurer la nourriture de Tâme, l'instruction.

Voici ce qu'on lit dans le second décret du sixième concile de Paris: (8 juin 829)

« Que pour l'honneur et l'utilité de l'Église les « évêques mettent tout leur soin à ouvrir des écoles « se souvenant de ce qu'a dit le prophète Daniel : « ceux qui auront la justice brilleront comme la

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« splendeur du (irmament, et ceux qui enseignent « aux autres brilleront com me des étoiles pendant « toute réterni té » (1).

On remarquera que cette protestation en faveur d'un enseignement publie à fonder dans tous les sièges épiscopaux remonte au neuvième siècle, c'est-à-dire à une époque où la barbarie, combattue si fortement par Gharlemagne, menaçait de reparaître et d'envahir la société tout entière.

Le con^rile demande encore à l'Empereur qu'il soit établi des universités ou écoles publiques dans?trois villesauQioinsde l'empire. « Ces établissements, ajoute- « t-il, seront pour l'Église la source d'un grand hon- < neur et de grands avantages, et, pour vous, d'une « grande récompense et d'une éternelle gloire » (2).

Ainsi le concile, après avoir exhorté d'abord les évêques à ouvrir partout de petites écoles, supplie l'Empereur de fonder au moins dans trois villes de grands établissements d'instruction publique. C'était

(1) « Qui ad justitiam erudiunt alios, sicut stellœ in perpétuas œtemitates. »

(2) « Quoniam ex hoc facto et magna utilitas, et honor sanct» Dei Ecclesise, et vobis magnum mercedis emolumentum et memoria sempiterna accrescet. »

pourvoir d'abord aux besoins de l'instruction primaire et demander ensuite au pouvoir temporel son concours pour la création d'un enseignement supérieur. L'Église sentait qu'une société chrétienne doit faire rayonner dans son sein toutes les lumières.

Le concile de Langres (1) tenu en 859 a un canon spécial sur la nécessité de l'enseignement des lettres divines et humaines. De scholis sacrœ scripturœ, et humanm litteraturœ, instituendis. C'était l'époque où les gouvernements temporels s'occupaient le moins de propager l'instruction.

Plus tard, Phihppe Auguste, et saint Louis relevèrent l'ancienne école palatine de Charlemagne, et fondèrent l'Université de Paris, de concert avec le pape et les évoques ; mais si le flambeau des lettres ne s'éteignit jamais complètement, si le fil de la tradition continua de subsister, c'est à Tinfluenee des conciles que la France en fut redevable.

L'Université de Paris et les autres Universités de France s'occupaient de l'enseignement secondaire. L'Église, toujours occupée du peuple, continua jusques dans le seizième siècle, de chercher à propager

(1) Ou in territorio Lingonensi^ abbaye deS*-James.

rinstruction primaire. Voici comment s'exprime à cet égard le premier canon du concile de Gambray:

« attendu que les parents ne sont pas moins obli- « gés d'instruire les enfants que de les nourrir , . • etc. , « le saint Synode a ordonné ce qui suit : les évêques « auront soin de rétablir, le plus tôt possible, dans € dans les cités villes et bourgs de leurs diocèses les « écoles qui ont pu cesser d'y exister, d'augmenter € et de protéger celles qui se sont conservées. »

Le concile de Rouen en 1581, contient les mêmes prescriptions ; et en 1 583 le concile de Bordeaux tient ce langage éminemment libéral.

« Un concile ne peut rien faire de plus saint que de « s'occuper de la bonne éducation des enfants. La « jeunesse est en effet l'espérance et l'avenir de la « nation ; soigneusement élevée dès ses premières « années, elle donnera en abondan ce des fruits d'une « merveilleuse douceur ; négligée, elle sera stérile, « ou ne produira que des fruits pleins d'amer- « tume.

« Il faut donc que tous les chrétiens s'efforcent, c par tous les moyens possibles, d'établir dans toutes « les paroisses un maître d'école qui en même temps

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«. que la grammaire, enseigne aux enfants les choses € de la religion » . . . . (1).

On voit que la vulgarisation de renseignement primaire n'est pas une invention du dix-neuvième siècle^ et que l'Église a, sur ce point, comme sur bien d'autres, devancé les gouvernements séculiers.

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