DISTINCTION OU SÉPARATION DES DEUX POUVOIRS
Quoiqu'il en soit, le Saint-Siège, en convoquant un concile général, a dû tenir grand compte de la disposition générale des esprits et de Tétat social tout nouveau qui s'est fondé en Europe depuis 1789. On lui reproche sans cesse d'être trop étranger aiix choses de la terre, de ne pas comprendre son siècle. L'Église romaine s'est toujours montrée, au contraire, très-attentive aux mouvements de l'opinion publique et aux changements que l'esprit des institutions politiques doit amener dans ses rapports avec les états. Elle l'a prouvé avec évidence, dans les circonstances actuelles, en ne s'empressant pas d'inviter les gou vernements temporels à se faire représenter au concile de 1869. D'après l'attitude qu'ont prise à son égard les peuples et les rois, elle a dû présumer que les anciennes traditions avaient perdu leur empire ; elle a pu craindre tout au moins que ses convocations ne fussent froidement ou dédaigneusement accueillies.
Les partisans de la séparation absolue des deux puissances n'ont pas manqué d'interpréter dans un sens favorable à leurs idées cette espèce d'abstention de la cour de Rome. Au Goi^ légis^tif de
S70 DitTiNcnoir ou séparation mis vsxnt fouvoifts.
France, un jeune orateur a déclaré, dans un noble et généreux langage^ qa'il admirait vivement la grandeur de rEglise, qui, débarrassé de tout lien féodal et politique, agissait dans la plénitude de sa liberté, et convoquait ses Etats généraux sans rien demander aux puissances temporelles et sans invoquer le bras de chair. C'était, suivant lui, le premier signal donné par Rome même de la séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Ce discours a ému le gouvernement français ; il a amené de la part du ministre des cultes des protestations mesurées et pourtant assez fermes, Alors notre gouvernement, et. à son exemple, diton, les divers gouvernements de l'Europe ont réclamé, suivant les usages des vieilles monarchies, le droit d'être représentés au concile par leurs ambassadeurs. L'Eglise n'a jamais refusé une assislance qui lui a été d^oiandée, un concours qui lui a été offert. Ce seraient en quelque sorte, les sociétés modcarnes ^ui' feraient les avances d'un rapprochement; ces avances, si elles ont lieu, ne seront pas repoussées.
On pounv 4onc agiter les plus grandes qws-
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tionsde discipline et de droit canonique, di^ttre même dans une certaine mesure les principes de la distinction des deux pouvoirs, marquer les limites qui les séparent, et régler leur modus vivendi suivant les exigences des mœurs et des institutions modernes.