ÉPILOGUE
tiplîer les œuvres de charité. Certes, la sève divine n'est pas tarie au sein de l'Église.
Mais d'une part, il y a dans les bas-fonds de la démagogie une conspiration de dénigrements et de calomnies contre la religion et ses ministres, et cette conspiration trouve ses auxiliaires naturels dans les passions brutales et sensuelles de la multitude; d'autre part, de prétendus savants ne se séparent pas seulement de toute doctrine révélée, ils en deviennent les ennemis, et leur hostilité plus ou moins déclarée trouve accès auprès des gouvernements qui semblent saper eux-mêmes par leurs enseignements les bases sur lesquelles leur autorité repose. Enfin, on fait croire aux nations abusées que l'Eglise veut étouffer les lumières, opprimer les înlelligences; on va même jusqu'à, prétendre qu'elle voudrait rétablir partout (1) la dime,
(1) Si Tancien régime de France se rétablissait, l'Église aurait à y perdre plus qu'à y gagner. Notre vieille monarchie soutenait deux principes très-dangereux, savoir : !<> que TEglise était dans TEtat; 2<» que TEtat avait droit de confiscation. L'Assemblée constituante n'a fait qu'appliquer ces deux principes au clergé catholique, . qui n'a pas voulu SLCce^tev bb, constitution civile. Cependant ce n'était pas autre chose que du droit commun d'ancien régime : c'est tout ce qu'il y avait de plus anti-libéral.
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rinquisîtion, et le régime suranné du moyen-âge. Ces imputations absurdes ne peuvent pas trouver le moindre orédit auprès des hommes éclairés ; mais dies font courir quelquefois dans les rangs populaires de sourds frénûssements.
Les déclarations solennelles d'un concile œcuménique auront bien peut-être quelque autorité pour détruire à cet égard les imputations de la haine et du fanatisme anti-chrétien.
Au reste, l'Eglise qui a su s'aecommoder des in»-
titoltons les plus diverses et même les plus exposées, au moins en apparence, ne prononcera jamais l'incompatibilité d'un régime quelconque avec le catholicisme* Seulement pour conserver à l'avenir à l'égard des gouvernements la même liberté dont elle a joui dans le passé; elle ne doit se lier avec aucune des formes éphémères qui se succèdent soifô ses yeux. Si, par impossible, elle adoptait comme article de foi telle ou telle opinion régnante aujourd'hui en France, elle serait obligée d'employer tous ses moyens de propagande à le faire prévaloir partout, de le soutenir toujours, et de s'exposa à être cm lutte dans un siècle ou deux, avec un nouvel esprit moderne.
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La conduite de l'Eglise doit pouvoir être toujours flexible daiisses rapports avec les sociétés politiques. Par conséquent, il ne faut pas qu'elle s'enchaîne par des déclarations de principes qui seraient irrévocables (1).
Que Ton cesse donc de présenter la réserve de
rSglise comme de la malveillance pour nos réformes sociales, et sa prudence comme une hostilité
déguisée !
Tous les hommes de bonne foi ouvriront enfin les yeux; quand ils verront que ce grand concile si nombreux, si complet, se sera rassemblé non pour chercher à établir un régime de coaction et de terreur, mais pour constater une fois de plus que la religion catholique ne peut et ne doit demander ses moyens de propagation qu'à la puissance de l'écriture et de la parole^ en un mot, à la persuasion .
(1) Voir à ce sujet un art. remarquable de M. Albert de Broglie dans la Revue des Deux-Mondes du i^ février 1869. Suivant ce publiciste, ce qui fait précisément la difficulté, c'est la prétention qu'aurait une certaine école à transformer en dogmes, à l'exemple de TAssemblée constituante, les principes de la déclaration des droits de l'homme, et d'autres principes révolutionnaires encore plus avancés.