DB LA PUISSANCE MARITALE ET PATERNELLE
« pouvoirs entre les mains de Tempereur ; de < l'autre des mœurs plus douces faisaient repousser « avec horreur Texercice d'une autorité qui ne s'é- « levait à ce degré d'énergie qu'en foulant aux pieds « les plus douces affections delà nature (]). »
Alexandre Sévère, empereur à demi chrétien, décréta que les pères ne pourraient infliger à leurs enfants que des châtiments corporels très- modérés (2). Constantin, chrétien déclaré, donna une sanction réelle à ces prohibitions en punissant de la peine du parricide le père qui tuait son fils de quelque manière que ce fût (3).
Mais les pères et mères de famille conservèrent longtemps sous les empereurs païens, au moins en fait, l'usage de l'avortement et celui d'exposer leurs enfants nouveau-nés.
Par rapport aux avortemenis, la morale païenne était flottante et indécise, tolérant cette pratique plus souvent qu'elle ne la condamnait. Celle des apôtres et des Pères de l'Église se dessinait au, contraire avec
(1) De Vinfluence du christianisme, etc., p. 259.
(2) Cujas, lib. VI, observ. 17.
(3) An 318 : L I, Code Théod. de Parricid.
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une admirable nettetés Certains philosophes païens s'exprimaient ainsi : < Ces germes informes ont*-ils donc des droits à la vie ayant d*y arriver ? Vous demandent-ils à naître?» Saint Barnabe répondait avec ce ton d'autorité qui vient d'en haut : « Vous ne ferez périr un enfant ni avant, ni après sa naissance (1).» Et TertuUien disait: cempêcher de naître, c'est un homicide hâtif (2). »
En étouflant ce qui doit devenir un être humain, on arrête, en quelque sorte, Tœuvre commencée du Créateur : on commet un sacrilège dans Tordre naturel.
Quant au meurtre ou à l'exposition de l'enfant nouveau-né, voici le langage que tenait TertuUien : « Les lois vous défendent l'infanticide, mais de <r toutes les lois, il n'en est pas une qui soit plus faci- € lement et plus impunément violée (3). » Et ailleurs « il ajoute : « Parmi tant d'hommes qui m'entourent, « et qui ont soif du sang des chrétiens, parmi ces « intègres o^agistrats, si rigoureux envers nous « (laissez-moi frapper à la porte de leurs con-
(1) Ep. attribuée à saint Barnabe, vers. 9.
(2) Homicidii festinatio esiprohibere no^ci.TertuU. Apolog.9
(3) /c2. ad gentes 1-15.