‹ De L'Inondation Péritonéale dans L'avortement TubaireChapitre 7 sur 29 · DÉFINITIONS · texte numérisé non relu

DÉFINITIONS

En effet, Vraz à défini l'avortement tubaire « l'expulsion totale ou partielle, avant l’âge de la viabilité fœtale, de Fœuf inséré dans la trompe, à travers l’un des orifices naturels de celle-ci et sans rupture de sa paroi » (1).

L'avortement est complet si l'œufsort en entier et s’il ne reste dans la trompe que quelques caillots : il faut, du reste, se hâter d'ajouter qu'histologiquement parlant l'avortement n’est à vrai dire Jamais complet, car on peut presque toujours déceler au microscope des traces de la placentaüon. Nous verrons plus tard combien cette observation est ulile au point de vue du diagnostic rétrospectif de la grossesse tubaire. D'ailleurs, dans cet avortement tubaire complet, l'œuf ne meurt pas forcément, pouvant, comme nous le savons, se regreffer secondairement sur le péritoine, par exemple, où il pourra continuer à évoluer.

Dans l'avortement incomplet, l'œuf sortira par bribes et par morceaux, laissant ordinairement derrière lui des débris plus ou moins importants.

Mais ce qui devient tout à fait paradoxal, comme le fait remarquer Vrac lui-même, c'est qu'on appelle encore avortement le cas où l'œuf est décollé et retenu en totalité dans la trompe, tandis que le sang, dû au décollement, file dans le péritoine et parfois aussi dans l'utérus.

Si l'hémorragie s'arrête, l'œuf décollé pourra donc rester dans la trompe sans être expulsé, donnant lieu à une môle tubaire si les débris fœtaux subsistent, à u” hématosalpinx si, les débris ayant disparu, il ne reste que du sang.

Ce qui nous semble donc le fait caractéristique dans Pavortement tubaire, ce n’est pas l'expulsion mais bien le

(4) Vrac, Thèse de Nancy, 1898-1899, « L'avorlement tubaire ».

nn ———— 6 AVORTEMENT TUBAIRE ET INONDATION

décollement de l'œuf, quelle qu'en soit la cause et quel que soit le sort ultérieur de cet œuf : celui-ci, d’ailleurs, peut souvent passer inaperçu, surtout dans les cas, comme cerlains de ceux dont nous allons nous occuper, où 1} est si jeune qu'il n'est souvent visible qu'au microscope: et l'on comprend qu'il soit impossible de le retrouver, soit dans la trompe, soit dansle sang qui s'échappe hors de la trompe.

Et le décollement de l'œuf suffit à lui tout seul à différencier l'avortement de la rupture tubaire puisque dans celle-ci il n'y a pas décollement mais perforation en quelque sorte du tissu tubaire par l'œuf qui le ronge au niveau de son point d'insertion.

D'autre part, dans les cas ou l'œuf meurt sans se décoller etsans hémorragie, subsistant parfois fort longtemps dans cet état sous forme de lithopédion, il est évident qu'il ne s’agit pas d'un avortement.

Donc nous croyons à peu près définir notre conception de l'avortement tubaire par les mots : /rompe intacte, sans rupture ni fissure, œuf décollé, hémorragie.

Mais 1l nous faut compter avec la tendance des auteurs à étendre la portée des mots. Ne voyons-nous pas MARTIN, contrairement aux différents auteurs qui ne croient guère possible l'avortement tubaire après le deuxième mois, citer des cas où 1l l'aurait vu se produire au neuvième mois (1).

Evidemment on comprend qu'il s'agit là d'œufs décollés et expulsés de la trompe, sans rupture de celle-ci, au neuvième mois.

Il est certain que ces cas sont rares el spéciaux puisqu'ils ont dépassé l’âge de viabilité fœtale : ils n'en ont pas moins quelque chose de commun avec ce que nous enten-

(1) MarniN, « Krankecten der Eileiter », Leipzig, 1895.

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