‹ De l'inondation péritonéale dans l'avortement tubaire (sans rupture)Chapitre 16 sur 33 · LS] LE · texte numérisé non relu

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oppose à la rupture une résistance plus considérable, ce qui favorise plutôt l'avortement. Mais on à ajouté aussi que l'augmentation du système musculaire encore présent dans les grossesses jeunes fournit des contractions assez puissantes pour exercer sur lhémorragie une action frénatrice imdubitable. Cette dernière affirmation, primiüivement admise par Louis Bazy, lui a semblé comme à nous, après examen approfondi, moins exacte. C’est vouloir pousser trop loin l’analogie avec ce qui se passe dans l'utérus : si dans celui-ci, en effet, le système musculaire s'hyvpertrophie, s'il se produit même des néoformalions musculaires, il n’en va pas de même dans la trompe. Nous venons même de voir que l'œuf détruisait devant lui le tissu tubaire et se substituait à lui; st donc le tissu musculaire qui persiste à distance de l'insertion ovulaire a quelque action, elle est diamétralement opposée à l'action frénatrice en question : elle {end au contraire à augmenter la tension au niveau du point d'implantation de l'œuf, là où la tunique musculaire disparaît rapidement et où la résistance est plus faible ; elle tend donc à le décoller, à le chasser ou à le faire éclater, et, loin de s'opposer à l’hémorragie, elle ne peut que laugmenter et l’entretenir. Et cela est très important car c’est, à notre sens, età l'encontre de l'opinion émise jusqu'ici, une explication de la continuité de l'hémorragie dans l’avortement, s’ajoutant aux autres causes que nous avons déjà signalées.

Enfin on à pu dire que si l'avortement se fait dans les grossesses Jeunes, c'est que l'orifice abdominal de la trompe est encore ouvert au début de la grossesse.

BLann Surron, en effet, a montré (1) que lostium

(4) Bzaxp Surrox, The Lancet, 8 fév. 1891, p. 474.

abdominale reste ouvert pendant le premier mois mais que par la suite, et souvent (rès rapidement, il se ferme par lurgescence et agglutination de ses franges — mécanisme à rapprocher de celui qu’à étudié Reymoxp dans les salpingites — et surtout par une modification curieuse de la collerette péritonéale adjacente à l'ostium, laquelle est œdématiée, participant à la congestion de la trompe ; elle devient très apparente, formant une sorte d’anneau irrégulier qui est comme projeté au-dessus du plan de l’orifice abdominal, et finalement vient le fermer hermétiquement. Cette fermeture de l’orifice abdominal est, en général, complète vers la huitième semaine.

Il convient d'ajouter pourtant que tous les auteurs ne partagent pas entièrement la manière de voir de BLaxp SUTTON et admettent que dans certains cas l'orifice abdominal peut rester ouvert jusqu’au stade le plus avancé de la grossesse ectopique : témoin, d’ailleurs, le cas cité par MarTiN d’un avortement au neuvième mois.

Quoi qu'il en soit, il est bien évident que la perméabilité de l’orifice abdominal de la trompe est une condition absolument indispensable à la production de l'inondation péritonéale.

* Ve

En résumé, d'après ce qui précède nous savons donc maintenant que nous avons affaire à une grossesse ampullaire, jeune.

Que l’apoplexie soit extra ou intra-ovulaire, l'œuf est décollé, les sinus placentaires ouverts.

Quels seront les caractères de l'hémorragie qui en est la conséquence?

Elle sera toute différente de l’hémorragie de rupture, car dans celle-ci l'hémorragie veineuse s'accompagne de l'hémorragie artérielle due à la déchirure de la paroi. Dans l'avortement, au contraire, le sang des sinus est veineux, coule, sous faible pression, par un étroit orifice ; et l'hémorragie devient gravé non par sa rayndité mais par sa continuilé: comme nous l’avons déjà dit, la contraction des fibres musculaires, quisont détruites au niveau de l'œuf, mais qui peuvent persister à distance, loin de limiter l'hémorragie, comme on serait au premier abord tenté de le croire, l’entretient au contraire.

Si l’on tient à comparer ce qui se passe là avec ce qui se passe dans l'utérus, nous comprendrons que le mécanisme en est diamétralement opposé. Dans l'utérus les fibres musculaires forment, à dit Pinarp, de vraies ligatures vivantes ; quand l'utérus se contracte, c’esttoute la zone d'insertion du placenta, tout ce qui est au-dessus de l'anneau de Bandl qui vient former le « globe de sûreté », comme l’a encore dit PixarD. Le reste est flasque ; et c'est même une cause d'hémorragie dans jes cas de placenta inséré bas.

Dans la trompe, c'est justementla partie qui devrait se contracter, le point d'insertion ovulaire, la zone où est inséré le placenta, qui reste flasque, tandis que le reste se contracte et forme ainsi ce qu'on pourrait appeler par symétrie le « globe de danger ».

La démonstration expérimentale de ce que nousexposons là se fait tous les jours lorsqu'on pratique une saignée : à chaque contraction des muscles de l’avant-bras, le Jet de sang se fait plus intense. Et c’est ainsi qu'est pressé et exprimé le placenta dans la trompe gravide par les

fibres musculaires voisines intactes et qu'est entretenue la continuité et la persistance de lhémorragie.

Cette continuité explique la progression lente des accidents, l'abondance finale du sang épanché, comme le montrentles observations, d'où l’aspectelinique bien particulier.

« y a là, dit Louis Bazy dans son observation (1), une véritable inertie tubaire en tout pointcomparable à linertie ulérine, qui s'explique par ce fait que la trompe est un organe beaucoup moins contraclile que l'utérus, non préparé comme celui-ci à remplir le rôle d’organe de la gestation, dans lequel enfin l'infection prolongée n'a pas été souvent sans jouer un rôle, en diminuant la vitalité des {issus et en produisant, comme le veut la loi de Stokes, la paralysie de la couche musculaire sous-jacente à la muqueuse infectée.» Mais nous ajouterons de plus, d'après ce que nous avons dit sur là disposition et l’état des fibres de la trompe au moment de l'avortement, que celles qui peuvent subsister ne font, par leur contraction, qu'augmenter plutôt et entretenir l’'hémorragie.

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