‹ De L'Insertion Vélamenteuse Du Cordon Dans Ses Rapports Avec La Grossesse & L'AccouchementChapitre 18 sur 34 · EVANS · texte numérisé non relu

EVANS

fœtus. Cette constatation ayant été faite, on rompt artificiellement la deuxième poche, qui laisse s’écouler un liquide verdâtre ; 5 minutes après, expulsion d’un second fœtus macéré de 2620 grammes.

La macération des fœtus semble remonter à 2 ou# jours pour le premier, et à 2 jours pour le second.

Les antécédents de cette femme ne présentent aucun stigmate de syphilis. D'autre part, les vaisseaux du placenta sont gorgés de sang, ce qui résulterait peut-être d’une compression mécanique, qui aurait produit la mort des fœtus. Pas d’albumine.

Délivrance naturelle 45 minutes après l'expulsion du deuxième fœtus.

Le placenta est discoïde. Il pèse 830 grammes. Sans lésions. Les membranes sont complètes : 24/3 et 28/3. L'insertion du cordon du premier fœtus est vélamenteuse. Celle du second est excentrique. Ils mesurent, le premier 52, le second 48.

La mère sort le 143 novembre.

OBSERVATION 47 (9 mai 1886).

La femme M.., domestique, âgée de 19 ans, entre à la salle de travail de l’hôpital de Lariboisière le 9 mai 1886, à 10 heures du matin. Hystérique. Son bassin est normal. Primipare. Elle est réglée chaque mois pendant huit jours peu abondamment. Elle a eu ses dernières règles le 3 octobre. Elle est enceinte de 7 mois. C’est une grossesse gémellaire, avec deux sommets. Cette grossesse a été pénible, mais on ne relève aucun accident pendant son cours. Les premières douleurs apparaissent le 9 mai à 4 heures du matin. Les membranes de la première poche se rompent spontanément à 7 heures du matin. À 44 h. 4/4 du matin la dilatation est complète. Quelques minutes après, la femme expulse un enfant. Un procubitus de la main l’accompagne. On rompt artificiellement les membranes de la deuxième poche deux heures après l’expulsion du premier enfant et le second vient au monde presque immédiatement. Le travail a duré 9 heures environ.

Deux filles. La première, macérée, pèse 300 grammes. La seconde vivante et pesant 1630 grammes est mise dans la couveuse mais elle meurt à 6 heures du soir le même jour.

Délivrance naturelle à 1 heure 1/2 le 9 mai. Le placenta offre une masse unique. On trouve deux poches séparées par une cloison formée de 4 membranes, deux chorions et deux amnios. Les deux insertions des cordons sont vélamenteuses. Membranes entières, liquide amniotique rosé pour la première poche, normal pour la seconde.

La femme est passée en médecine le 19 juin 1886.

La femme R..., blanchisseuse, âgée de 36 ans, entre à 10 h. 1/2 du matin le 31 octobre 1895 à la salle de travail de la clinique Baudelocque. Elle n’a jamais fait de maladie. Elle est d’une bonne constitution. Son

bassin est normal. Elle a eu trois grossesses antérieures. En 1885 elle accouche spontanément et à terme d’un enfant vivant ; elle l'élève au sein mais il meurt à 14 mois de méningite. En 1886 elle a un garçon qui vient spontanément à terme et qui est actuellement bien portant après avoir été élevé au sein maternel. En 1890, nouvel accouchement spontané et à terme d’un enfant vivant, nourri au sein maternel et mort à 7 mois, après avoir pris le biberon dans la journée. Même père pour les deux premières grossesses. Même père pour les deux dernières. Cette femme avait été réglée à 13 ans et depuis elle l'était régulièrement. Les dernières règles datent du 25 au 28 janvier. Enceinte de 9 mois. Pas d’accident ni de complication dans sa grossesse. On examine cette femme dès son entrée. On fait le diagnostic de droite postérieure. Enfant vivant. Bruits du cœur à droite au-dessous de l’ombilic. La poche des eaux s’était rompue prématurément le 29 octobre 4895 à 9 heures du matin. La femme avait commencé à souffrir à 8 heures du matin le 31 octobre. La dilatation est complète à 7 heures du soir. A Th. 25 expulsion d’un enfant vivant, de 3230 grammes. En regardant alors si le fond de l’utérus est bien rétracté, on trouve un second fætus. On pose deux pinces sur le cordon entre lesquelles on le sectionne. Pendant qu’on recherche la position du second fœtus par le palper, la seconde poche des eaux se rompt et il s’écoule un liquide couleur chocolat indiquant que le second enfant est macéré. L'enfant se présente immédiatement à la vulve et est expulsé 5 minutes après le premier. Il pèse 1370 grammes. La macération estassez accusée etremonte assezloin.

Expulsion spontanée du placenta au bout de 5 minutes. Le placenta a une forme irrégulière. Il pèse 830 grammes. La masse placentaire est unique. La cloison séparant les fœtus était formée par les membranes d’origine fœtale. Les membranes sont complètes, mais déchirées. L’insertion du premier cordon est marginale. Celle du fœtus macéré était vélamenteuse au premier degré.

L'interrogation ne révèle pas de syphilis chez cette femme ni chez son mari. Pas d’albumine.

La mère sort en bonne santé le 44 novembre 1895. Son enfant pèse 3200 grammes.

Dans le premier fait cité les deux enfants sont morts et macérés. La macération remonte au plus à trois jours. L'examen général de la mère, qui devrait donner la clef du phénomène, est muet. Au contraire du côté des annexes on trouve le placenta gorgé de sang, ce qui résulterait peut être d’une compression mécanique, qui aurait produit la mort des fœtus et nous sommes naturellement amenés à

penser à l’insertion vélamenteuse.

PO EES

: Un seul enfant est mort dans les deux autres observalions. On ne peut mettre en cause dans ces cas les influences morbides générales de la mère, car elles devraient réagir à la fois sur l’une et l’aufre grossesse. Force est donc de nous rejeter sur les causes occasionnelles provenant de l'extérieur, eomme le traumatisme, ou des annexes, comme la dégénérescence du placenta, les circulaires multipliés autour du cou et les nœuds du cordon. Mais la mort de ces enfants ne peut être rapportée aux causes précédentes. On ne trouve nulle mention de ces éléments dans leurs observations. Faut-il en désespoir de compte faire entrer en jeu comme Peu, Mauriceau et P. Dubois l’inégalité de puissance d'absorption et d’assimilation chez les fœtus, dont le plus fort et le plus vigoureux prendrait toute la nourriture de l’autre et le ferait périr par inanition ? Nous serions plus disposé à expliquer la chose par la disposition anormale des vaisseaux sur les membranes.

Ces faits tendent à prouver que l'insertion vélamenteuse n’est pas indifférente pour le sort des enfants. Du reste quelques auteurs avaient parlé déjà de l'influence funeste de cette implantation vicieuse du cordon sur leur développement.

A ce propos Hüter dit que la plupart du temps les enfants viennent au monde bien portants malgré cette anomalie mais que dans certaines occasions ils peuvent être expulsés avant terme comme dans les deux cas de Hegar, où ils étaient atrophiés. Pour expliquer cette différence il a distingué les cas où les vaisseaux rencontrent les enveloppes de l’œuf près ou loin du placenta. A son avis dans cette dernière alternative le sang arriverait au fœtus avec plus de difficulté et ne fournirait plus les éléments nutritifs nécessaires à sa vie.

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