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le doigt constate une présentation du sommet ; la poche des eaux est rompue. Les douleurs qui ont commencé à minuit se succèdent à d’assez courts intervalles ; l'accouchement se termine à une heure sans présenter rien d’anormal. L'enfant est mort, tout à fait décoloré ; le cordon est exsangue.
L'accouchement se fait presque à sec; l'issue du placenta n’est suivie que de quelques caillots de sang ; il sort dix minutes äprès l’enfant, et sans avoir besoin d'exercer de tractions sur le cordon.
Ne sachant à quoi attribuer la mort de l'enfant, la malade n'avait pas dit un mot sur ce qui s’était passé avant son entrée, j’examinai le délivre : la distribution vicieuse des vaisseaux du cordon me rappela tout de suite le cas de Benckiser. Prévoyant déjà ce qui était arrivé d’après le mode de rupture des membranes, je mis les pièces de côté me réservant de les examiner avec soin plus tard. Je me rendis auprès de la malade, qui me donna les renseignements suivants :
Elle se croyait à terme, mais elle n'en était pas sûre; car pendant presque toute sa grossesse elle voyait ses règles qui n'ont manqué que dans les deux derniers mois.
Pendant sa grossesse, sa santé a toujours été excellente ; elle n’a remarqué chez elle rien d’extraordinaire. La veille de son entrée, à 8 heures du soir, sans cause appréciable, son ventre s’est gonflé subitement d’une manière extraordinaire, à tel point que ses voisines lui disaient qu’elle portait au moins trois enfants. La malade n'eut ni frissons, ni syncope et ne fut nullement influencée par ce phénomène.
Depuis ce moment jusqu'à 10 heures, l’enfant se livra à de violents mouvements convulsifs qui cessèrent tout à fait. de se faire sentir à 10 heures.
La malade se coucha comme à son ordinaire, n’éprouvant aucun malaise, si ce n'est un peu de gêne à respirer à cause de l’énorme volume de son ventre; rien ne s'était encore écoulé par la vulve. A minuit la malade fut éveillée par une violente douleur dans les reins et dans le ventre, avec grande envie d’uriner. A peine se fut-elle mise sur le vase, qu'un flot de sang noir coagulé s'échappa par la vulve. Elle nous dit avoir perdu environ un seau de sang : quatre fois son vase de nuit fut rempli jusqu'aux bords. Cet écoulement de sang cessa tout à fait à 6 heures du matin, heure à laquelle les eaux pures commencèrent à s'échapper.
La malade nous fait remarquer qu’à mesure que le sang s'échappait, le volume du ventre diminuait; à son arrivée à l'hôpital, il était assez affaissé.
La malade est venue à pied à l'hôpital ; elle n’éprouve point de malaise et n’est nullement affaiblie ; ce qui prouve bien que cette abondante perte de sang ne venait point d'elle, mais bien du fœtus.
Examen de l'enfant, du placenta et des membranes. — L'enfant du sexe féminin est tout à fait décoloré ; il pèse 2 kilogs 30; longueur de l’occi-
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put à la plante des pieds: 32 centimètres. Le cordon est flasque,tout à fait exsangue ; le peu de sang qu’il contient se trouve dans les artères; la veine ombilicale est complètement vide.
Le cordon ombilical, long de 52 centimètres, présente l’anomalie suivante : au lieu de s’insérer sur la face fœtale du placenta, comme c'est l'ordinaire, il s’insère sur les membranes elles-mêmes, à 14 ou 45 centimètres du bord placentaire. A partir de ce point, les éléments du cordon se séparent et constituent deux troncs, l’un droit, l’autre gauche, qui rampent dans l'épaisseur des membranes jusqu’au placenta. Chaque tronc est composé d’une artère ombilicale et d'une veine ombilicale ; car la veine ombilicale, au point d'insertion du cordon sur la membrane, se divise en deux branches.
Tronc gauche. — L'artère et la veine qui constituent le tronc gauche marchent côte à côte dans l’étendue de 5 centimètres, sans se diviser ; à cette distance seulement, la veine d’abord et puis l’artère ombilicales se divisent et les branches, après s'être divisées elles-mêmes, arrivent sur le bord du placenta où elles se perdent en pénétrant dans son épaisseur après avoir rampé quelques instants sur la face fœtale,
L'une des branches veineuses, plus grosse que les autres, s’en sépare et se prolonge au loin dans l’épaisseur des membranes en longeant le rebord placentaire et se rapprochant du tronc droit dont elle n’est distante que d’un pouce, au moment où elle se plonge dans le placenta.
Les rameaux veineux qui entrent dans la composition de ce tronc gauche sont privés de sang; leurs parois sont affaissées ; il en est de même à droite; l’artère ombilicale et ses divisions contiennent, au contraire, une assez grande quantité de sang.
Tronc droit. — Les vaisseaux qui constituent le tronc droit restent accolés et sans nulle division depuis l’insertion du cordon aux membranes jusqu’au placenta ; arrivés sur le bord du placenta, ils se séparent et commencent à se diviser en branches, lesquelles après avoir longtemps rampé sur la face fœtale, se perdent en s’enfoncant dans le placenta. La veine ombilicale, avant de diminuer sensiblement de calibre, suit un long trajet sur la face fœtale et ne s'enfonce véritablement dans le placenta que dans le point opposé à celui par lequel elle arrive au bord de cet organe.
Cette veine et ses divisions ne contiennent pas une goutte de sang. Les membranes minces là où s’est faite leur rupture et au niveau de l'insertion du cordon ombilical, sont épaisses dans les autres points ; leur déchirure s’est faite entre les deux bifurcations des vaisseaux du cordon.
Sur le faisceau vasculaire droit, à ÿ centimètres de l’insertion de ce dernier sur les membranes, on apercoit autour des vaisseaux, et principalement du côté de la veine, dans l'étendue d'un pouce à un pouce et demi, une coloration d’un brun-jaunâtre, s'étendant sur la face ex-
terne des membranes qui semblent ecchymosées. Cette coloration est LEFÈVRE 9