‹ De L'Insertion Vélamenteuse Du Cordon Dans Ses Rapports Avec La Grossesse & L'AccouchementChapitre 8 sur 34 · ANNE · texte numérisé non relu

ANNE

17 sur 133 cas.Par une étrange anomalie on a trouvé le cordon inséré sur la poitrine, le cou et le crâne.

Les vaisseaux ombilicaux divergent quelquefois avant l'insertion du cordon; le plus souvent ils restent réunis jusqu’à leur point de rencontre avec le chorion.

Dans leur trajet sur les membranes ils se comportent de diverses manières.

Dans un cas publié par le D' Edoardo Porro (1) ils allaient se terminer sur deux points opposés de la circonférence placentaire en présentant une forme circulaire.

Parfois dans une insertion en raquette on voit se détacher du faisceau vasculaire un vaisseau qui court sur les membranes parallèlement au bord placentaire à quelque distance dans une certaine étendue.

Plus souvent les vaisseaux divergent comme Îles nervures d’une feuille palmée pour gagner le bord du placenta après avoir couru un certain temps surles membranes.

La distance comprise entre le bord du placenta et le point d'intercession des vaisseaux avec les membranes est très variable. Comme le prouvent nos observations, elle peut être de 2,5, 10 centimètres. L'insertion du cordon sur les enveloppes de l’œufse rencontre, dans des cas infiniment plus rares, au point diamétralement opposé du placenta. Nous relatons un exemple de ce genre. Wrisberg et Langerhans en avaient rapporté de semblables. Ces notions ont de l'importance car elles servent à expliquer les accidents dus à l'insertion vélamenteuse.

La disposition des vaisseaux sur les membranes est assez constante. Les artères ombilicales se ramifient en un grand nombre de branches s’anastomosant les unes avec

(1) Op. cit.

les autres pour cheminer entre les bifurcations de la veine ombilicale qui ont plus de tendance à se dévier de leur course.

La veine ombilicale présente avant de se ramifier une sorle de sinus et ses divisions peuvent mesurer le volume d’une plume de corbeau.

D'après Halliday Croom (1) les vaisseaux vont se fixer sur le placenta de plusieurs manières après leur parcours sur les membranes. Ou bien ils pénètrent le placenta par son bord, ou bien ils tapissent le placenta pendant uu certain temps avant de l’aborder sur sa face, ou bien enfin ils s’insèrent à la fois sur le bord et la face du placenta.

Le placenta ne présente habituellement rien de remarquable. M. Hermitte( ) a signalé cependant une disposition intéressante de cet organe. Dans ce cas on trouvaitun placenta divisé en deux lobes réunis l’un à l’autre par des membranes et sans aucune communication vasculaire. Les vaisseaux du cordon se rendaient isolément aux deux placentas en rampant entre les membranes.

A propos des membranes, nous noterons que 52 fois elles mesuraient d’un côté moins de 10 centimètres sur nos 133 observalions.

De plus, on voit quelquefois une bride celluleuse qu'on dirait être une dépendance de l’amnios réunir le point où le cordon aborde les membranes au bord placentaire.

Dans les cas où une rupture des vaisseaux est venue frapper de mort le fœtus, l’arrière-faix est pâle et exsan-

gue.

Dans les grossesses gémellaires les insertions du cordon

(4) J. H. Croow. Funic hemorrhage during labour. Feb. 1882. Edinburg Medical Journal.

(2) Dauphiné médical, avril 1891.

D LONEE

peuvent être l’une et l'autre vélamenteuses, mais le plus souvent un cordon va s’insérer sur Je placenta soit à la périphérie, soit au centre.

M. Depaul (1) a présenté à l’Académie de médecine en 1875 au nom du D' Moussous de Bordeaux le placenta d'une grossesse triple etles cordons s’inséraient dans cette circonstance sur le gâteau placentaire, sur son bord et sur les membranes : des communications vasculaires unissaient l’un de ces cordons aux deux autres.

Fréquence.

Voici un aperçu de la fréquence de l'insertion vélamenteuse.

Sur 502 accouchements Sickel (2) l’a observée seulement 3 fois, c'est-à-dire à peu près une fois sur 160 cas.

Cornélius Van Solingen (3) d’après Hüter en a relevé 8 cas sur 1.000 observations soit 1 sur 125 cas.

Chiari, Braun et Spæth (4) sont arrivés à la proportion de 4 sur 1000 à la Maternité de Vienne ce qui fait 1 sur 250 cas.

Valenta au dire d'Halliday Croom a vu 21 insertions vélamenteuses sur 2471 observations d’où la proportion de { sur 118 cas.

Halliday Croom (5) lui-même donne comme moyenne 4 sur 1000 ou { sur 250.

1) Séance de l'Académie de médecine, du 29 juin 1875,

2) Cité par CHANTREUIL.

(3) Diss. Ueber die Einpflanzung der Nabelschnur in der Eihaüten. Marburg, 1859. Selon Hurer, Loc, cit.

4) Klinik der Geburtshülfe und Gynœkologie. Erlangen, 1852, s. 72. D après Hursr, id.

5) Loc. cit.

ES re

Sur 7158 observations, recueillies à la Maternité de Marseille de 1840 à 1882, Hugues (1) a noté 48 cas ce qui fait 1 sur 149.

A notre tour nous avons recherché les insertions vélamenteuses signalées dans 15.894 observations prises dans le service de M. Pinard à l’hôpital de Lariboisière et à la clinique Baudelocque et nous en avons compté 133. Nous arrivons ainsi à une proportion moindre de 1 pour 100.

L'insertion vélamenteuse s’est rencontrée 111 fois dans les grossesses simples et 22 fois dans les grossesses gémellaires.

Du reste d'après Thévenot, Hvyrtl (2) a trouvé l'insertion vélamenteuse relativement fréquente dans les grossesses multiples.

(1) Loc. ci.

(2) Les vaisseaux du placenta humain à l’état normal et pathologique Vienne 1870.

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