‹ De l'inspiration des CamisardsChapitre 10 sur 23 · L ARMES DE SANG · texte numérisé non relu

L ARMES DE SANG

Élie Marion, ayant été saisi de l'Esprit, repandit des larmes de sang en abondance. « Le » sang, dit-il, était vermeil comme s'il fût » sorti de mes veines. Il en coula sur mon » habit et sur mon fusil, et même jusqu'à terre. » Ces pleurs extraordinaires furent versés dans » la détresse de mon esprit. Et cela arriva en » présence d'un grand nombre de personnes, » en plein midi , dans un lieu appelé les Ver- » nèdes 1 . »

Jacques Dubois raconte qu'une fille, tombant en extase, versa en sa présence des larmes de sang , et qu'une de ses tantes qui était là et les personnes de la maison dirent que cette fille en avait versé plusieurs fois*.

Court parle 3 d'une «femme du Vivarais, » qui fit beaucoup de bruit, parce qu'il sortait » de son nez et de ses yeux du sang, qu'elle » appelait des larmes de sang, et qu'elle pro-

1 Théâtre sacré des Cécennes^ p. 70.

2 Idem, p. 35.

3 Court, t. I, p. 27.

» duisait comme des preuves de la mission y» extraordinaire dont elle se disait chargée. » On craignit l'effet d'un phénomène si sur- » prenant, ajoute-t-il, et accusant cette femme » d'imposture , elle fut condamnée à mort par » Bàville, et exécutée à Montpellier. La Baume n dit que la vue de la potence ne fit pas » changer de langage à cette femme : ce qui » contredit Brueys , qui prétend qu'elle avoua » que c'était par une indisposition naturelle n que le sang lui sortait tous les jours par le » nez et par les yeux. »

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