SANS BLESSURES
« Etant un jour cinq ou six ensemble proche » de notre maison, dit Jean Vernet, le nommé » Jacques Reboux, de notre compagnie, qui » avait reçu les grâces, et qui était assis sur » un rocher escarpé tout auprès de nous, à la » hauteur de sept ou huifpieds, tomba dans » le chemin , ayant été soudainement saisi de » l'Esprit; jmais il ne se fit aucun mal. Ses » agitations continuèrent, et furent violentes » dans tout son corps. Quelqu'un de nous,. qui j> n'était pas accoutumé à voir de pareilles » choses , crut qu'il avait eu quelque faiblesse » et qu'il s'était blessé par ^sa chute, de sorte » qu'on alla promptement lui chercher de l'eau- » de-vie ; mais il n'avait garde de la recevoir » en l'état où il était. Après les plus grandes n agitations, il se mit à parler, et il fit de » grandes exhortations à la repentance 1 .
y 1 Théâtre sacré des Cévennes , p. 15.
On se rappelle le pauvre imbécile de Bcrnaud , dont nous avons eu occasion de parler déjà (voir page 80). Lorsqu'il fut visité par l'Esprit, a comme il était couché à la renverse, » dit Claude Arnassan, son corps se soulevait, * et sautait comme s'il avait été ainsi secoué par » quelque homme fort. Nous eûmes peur qu'il ne » se blessât , et trois d'entre nous voulurent le » tenir : mais il fut impossible d'arrêter la vio- » lence de ses mouvements. Il continua dans le » même état, en se frappant, et il était tout » trempé de sueur. Les mêmes accidents lui r> arrivèrent encore deux ou trois fois avant » qu'il parlât. »
Guillaume Bruguier dit en parlant de son frère Pierre , qui avait reçu les grâces :
« Comme nous étions ensemble dans une as- » semblée d'environ deux cents personnes, » proche d'Aubessarques, il fut placé en seny> tinelle sur un arbre presque joignant l'as- » semblée. Je le vis tomber de cet arbre, de v la hauteur de plus de douze pieds, ayant y) été soudainement saisi, et il ne se fit aucun yt mal 1 . »
1 Théâtre sacré des Ccrennes, p. 37.
Compan, qui avait reçu de grands dons, étant un jour saisi de l'Esprit dans une grande assemblée, à l'instant «son corps se mit comme » en un peloton après des agitations étranges , » et cette masse fut soulevée et jetée quinze ou » vingt pas en arrière.... et il ne fut point » blessé, encore que la chute fût rude et qu'il » tombât sur des souches de vignes \ » Quand on arrachait ou coupait ces troncs ou branches, il était rejeté plus loin ou à côté* .
Déposition d'Élie Marion : «Un soir, comme » j'étais chez mon père à Barre, avec toute la » famille et quelques autres personnes, un de » mes frères reçut une inspiration. Il parla fort » contre les incrédules et contre les avares, en
» les menaçant des sévères jugements de Dieu. » Nous eûmes des raisons pour croire que cette » censure s'adressait particulièrement à une » certaine femme de la compagnie, qui eut » aussi la même pensée que nous, et qui fit » ensuite un salutaire usage de cet avertisse- » ment, comme je l'ai bien su. Ce fut en cette n occasion, si je ne me suis fort trompé, que » le jeune garçon mon frère, parlant avec
1 Théâtre sacré des Cévennes , p. 56.
» Idem.
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que ce dernier fait n'a pas la valeur du précédent.