‹ De l'inspiration des CamisardsChapitre 15 sur 23 · SIGNALÉS · texte numérisé non relu

SIGNALÉS

Avant de continuer, rappelons en peu de mots les preuves de la certitude des phénomènes dont il vient d'être question.

Nous Pavons déjà dit, la plus décisive de ces preuves est celle que fournissent les populations elles-mêmes, qui, pour attester la réalité des prodiges survenus pendant la période des manifestations spirituelles , n'ont pas reculé devant le sacrifice de leur vie, soit qu'il ait fallu l'accomplir à la guerre ou dans les supplices et les tortures. On ne peut pas admettre que les protestants aient supporté d'aussi longues épreuves par suite d'une illusion qui les aurait captivés, car ce serait supposer qu'une illusion peut durer un grand nombre d'années sans interruption sur des gens dç tout âge et de toute condition, puisque la population cami-

sarde renfermait dans son sein non-seulement des individus des dernières classes de la société, mais aussi des gens lettrés. Donc, cette hypothèse doit être écartée. D'un autre côté , comment aurait-on trouvé pendant ce long espace de temps un peuple assez simple pour se livrer à la mort avec persévérance en témoignage d'une foi sans fondement? Il faut donc reconnaître, comme nous l'avons déjà dit, que ce que ce peuple a vu ou fait a bien réellement été fait ou vu par lui.

L'action de la justice à cette époque est encore un argument, car les répressions judiciaires exercées contre les révoltés n'avaient pas pour but de les punir d'avoir cru aux inspirations, mais de les avoir pratiquées et propagées. Ce n'était pas la foi qui constituait le crime, c'était la pratique et la propagande des inspirations qu'accompagnait toujours l'insurrection populaire.

A côté de ces preuves, dont rien ne saurait infirmer l'autorité, viennent se ranger des témoignages historiques que I'thi ne peut révoquer en doute.

Ainsi , d'un côté, les historiens catholiques et protestants, quel que soil d'ailleurs leur degré

RÉALITÉ DES rilÉXOMKXKS. 109

de foi à ces phénomènes ou leur manière de les envisager et d'expliquer leur raison d'être % ont dû constater leur existence en les citant et en convenant de la croyance des populations à ces prodiges. D'un autre côté, le maréchal de Villars, envoyé pour pacifier les Cévennes, obligé dès lors par sa mission de remonter à la source du mal pour le guérir, raconte qu'il a été témoin oculaire des (ails dont il s'agit. « J'ai vu dans ce genre, dit-il , des choses que » je n'aurais jamais crues, si elles ne s étaient » passées sous mes yeux 1 . »

L'auteur de l'Histoire des troubles des Cévennes, avant d'écrire sa relation, a interrogé, dit-il, différents témoins des événements et des fails prodigieux dont il est l'historien. Il s'exprime ainsi à propos de l'épreuve par le feu subie par Clary 4 .

Tous les témoignages sont flonc unanimes sur ce point , tous amènent au même résultat : la constatation des faits merveilleux dont est remplie l'histoire des inspirés des Cévennes et du Dauphiné. En -présence d'un accord aussi

1 Voir plus haut, p. 59.

1 Idem, p. 97.

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remarquable, serait-il possible de nier leur existence? Non sans doute!

Ceci constaté, passons à l'examen des théories au moyen desquelles on a cherché à expliquer les faits dont il s'agit.

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