Histoire des animaux, liv. V, p
2% DE l'art EXPÉRIMENTAL
Au milieu de toutes ces assertions, comment démêler le vrai du faux , car il y a du vrai, et assez pour qu'on ne puisse pas douter qu' Aristote n'ait réellement observé et souvent très-bien vu, selon son usage? Je n'en dirai pas autant da Pline; et cependant il y a encore du vrai au milieu de tout le fabuleux, de tout le faux qu'il entasse. Que manque-t-il donc à Aristote et à Pline ? Du démêlement, de la précision, choses auxquelles on n'arrive que par cet art que les anciens n'ont pas connu, par l'art des expériences.
« Les anciens, dit Réaumur, ne nous don- « nent pas plus de garants, pas plus de preu- « ves de la réalité de ce qu'ils en débitent » (des abeilles), « que les auteurs des romans a ne nous en donnent de la réalité des évé- « nements par le récit desquels ils savent « nous intéresser 1 . »
« Comme nous examinerons à la rigueur,»
ajoute-t-il, « tout ce qui a été rapporté d'ad- « mirable de ces mouches, nous découvri-
\ . Mémoires pour servir à l'histoire des inseeles, t. V, p. 207.
dans l'étude des instincts. 237 u rons bien du faux dans le merveilleux dont « on a voulu leur faire honneur; mais nous « aurons aussi des compensations à faire en « leur faveur. Le faux merveilleux, qui leur a (( été attribué, sera remplacé par du merveil- « leux réel qui a été ignoré 1 . »
Le fait est que l'histoire positive des abeilles ne date que des études sérieuses de deux modernes : Swammerdam et Maraldi.
\ . Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , t. V, p. 207.