DE MARALDI
Je commence par Maraldi. Son Mémoire sur les abeilles, inséré parmi ceux de l'Académie des sciences de 1712, a paru avant les grands travaux de Swammerdam, quoique fort postérieur cependant à ces travaux mêmes, comme nous le verrons bientôt.
Fontenelle a écrit Y éloge de Maraldi, éloge très-court, mais charmant. Le plus considérable travail de Maraldi avait été son Catalogue des étoiles fixes,, un de ces travaux qui absorbent un homme ; aussi Fontenelle dit-il de Maraldi « qu'il avait passé sa vie tout
de l'art EXPÉRIMENTAL, ETC. 239
« entière renfermé dans le ciel *. — Il se dé- « lassait pourtant quelquefois, » ajoute Fontenelle ; « il prenait des divertissements ; il « faisait des observations physiques sur les a insectes;... sa plus importante observation « terrestre a été celle des abeilles 2 ... »
Maraldi compte trois sortes d'abeilles : les abeilles proprement dites, celles qu'on a appelées plus tard les ouvrières; les bourdons, qu'on a appelés plus tard les faux bourdons, et plus tard encore , et cette fois-ci avec raison, les mâles; et enfin, l'abeille que, à l'exemple d'Aristote et de Pline, Maraldi appelle le roi. Maraldi sait pourtant très-bien , et c'est là le premier pas certain que la science ait fait en cette matière, que le prétendu roi est une femelle, une reine, une mère et la mère unique de toutes les autres abeilles. « Cette mou- « che, dit-il, est la mère de toutes les autres, « et c'est peut-être celle qu'on appelle le roi 5 .