Lettre du 10 août \m
2. Voyez l'édition de Voltaire par Beuchot, t. LXXÏF, p. 506»
310 de l'art expérimental
On a , de Jean Huber, un volume intitulé :
Observations sur le vol des oiseaux de proie. Tout fut précoce chez le jeune Huber : la passion de l'étude surtout. À dix-sept ans, il perdit la vue ; mais, avant de se fermer, ses yeux avaient rencontré ceux de M lle Lullin ; les deux jeunes gens s'aimèrent, et l'infortune de l'un ne détourna pas l'autre de l'union qu'on s'était promise. M lle Lullin, devenue l'épouse d'un mari aveugle, fut à la fois sa lectrice, son secrétaire, son collaborateur; elle faisait des observations pour lui ; et ce dévouement généreux et délicat a duré quarante ans, tant qu'a duré la vie de cette femme supérieure et excellente. Son mari, faisant allusion à sa petite taille, disait d'elle : mens magna in cor pore parvo. Après qu'il l'eut perdue, on l'entendit souvent répéter : « Tant qu'elle a vécu, je ne m'étais pas « aperçu du malheur d'être aveugle 1 . »
Voici comment il parle des secours qu'il avait reçus du serviteur intelligent qui voyait