F. CUVIER
« F. Cuvier, que Ton envisage l'action qui (( Tient d'être rapportée, il ne sera guère posa sible de n'y pas voir le résultat d'une com- « binaison d'idées, et de ne pas reconnaître, « dans l'animal qui en est capable, la faculté « de généraliser. » En effet, l'orang-outang concluait évidemment ki (c'est toujours F. Cuvier qui raisonne) de lui aux autres :
plus d'une fois l'agitation violente des corps sur lesquels il s'était trouvé placé l'avait effrayé ; il concluait donc de la crainte qu'il avait éprouvée à la crainte qu'éprouveraient les autres, ou, en d'autres terrpes, et comme le dit F. Cuvier, « d'une circonstance particu- « Hère il se faisait une règle générale 1 . »
G. Leroy avait déjà dit : « Dès que le loup « paraît, il est poursuivi; l'attroupement et « l'émeute lui annoncent combien il est craint, « et tout ce que lui-même il doit craindre.
« Aussi, toutes les fois que l'odeur de l'homme
4. Voyez, sur tous ces mots, si difficiles à définir : idées, faculté de généraliser, règle générale, mon livre intitulé : De la raison, du génie et de la folie, au chapitre : De la raison de l'homme.
« vient frapper son nez, elle réveille en lui les « idées du danger. La proie la plus sédui- « santé lui est inutilement présentée tant « qu'elle a cet accessoire effrayant ; et, même « lorsqu'elle ne Fa plus, elle lui reste longce temps suspecte. » — « Le loup^ continuece t-il , ne peut avoir alors qu'une idée « abstraite du péril, puisqu'il n'a pas la con- « naissance particulière des pièges qu'on lui « tend 4 . »
Mais je reviens à Y orang-outang. Pour ouvrir la porte de la pièce dans laquelle on le tenait, il était obligé, vu sa petite taille 2 y de monter sur une chaise placée près de cette porte. On eut l'idée d'éloigner cette chaise; l'orang-outang fut en chercher une autre, qu'il mit à la place de la première, et sur laquelle il monta de même pour ouvrir la porte. Enfin, lorsqu'on refusait à cet orangoutang ce qu'il désirait vivement, comme il n'osait s'en prendre à la personne qui ne lui
1. Lettres philosophiques sur l'intelligence et la perfectibilité des animaux, etc., p. 18.