‹ De l'instinct et de l'intelligence des animauxChapitre 53 sur 217 · Traité des animaux, deuxième partie, chap. v · texte numérisé non relu

Traité des animaux, deuxième partie, chap. v

BOLE DES SENS.

On a beaucoup exagéré l'influence des sens sur l'intelligence. Helvétius va jusqu'à dire que l'homme ne doit qu'à ses mains la supériorité qu'il a sur les bêtes.

Chose curieuse, Galien combattait déjà, dans Anaxagore, la doctrine cT Helvétius.

Remarquons, d'abord, que personne n'a mieux vu que Galien tout ce qu'il y a d'admirable dans la structure de la main, tout ce qu'il y a de presque infini dans les services qu'elle nous rend.

« La nature, dit-il, a donné au lion ses « dents et ses griffes, au taureau ses cornes,

(( au sanglier de longues dents saillantes... » Il dit encore : « La nature a donne la vélo- « cité au cheval , et à l'homme , la raison et « des mains pour dompter le cheval 1 . » — « Le lion est plus rapide que l'homme; « qu'importe? Le cheval, dompté par la rai- « son et les mains de l'homme, est plus « rapide que le lion 2 ... »

« Quant à l'homme, comme il est sage, la « nature, au lieu d'armes et de défenses, lui ce a donné des mains qui lui suffisent pour a toute espèce d'industrie;... avec lesquelles <( il se forge des lances, des javelots, des flè- « ches;... avec lesquelles il écrit les lois du « gouvernement, dresse des autels aux dieux « et leur érige des statues;... rassemble ses « réflexions et ses observations, et les perpé- « tue en les écrivant : bienfait auquel la gé- « nération d'aujourd'hui doit de pouvoir s'en- « tretenir avec Platon, Àristote, Hippocrate, « et les autres anciens 3 . »

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