Discours sur la nature des animaux , t. II, p
maux; et, pour ces espèces comme pour nous, il est primitif. Il ne dépend ni de l'intelligence, car la brebis stupide vit en société 4 , et le lion y Y ours, le renard, etc., vivent solitaires; ni de l'habitude, car le long séjour des petits auprès des parents ne l'amène pas. Vours soigne ses petits aussi longtemps et avec autant de tendresse que le chien, et cependant Y ours est au nombre des animaux les plus solitaires.
G. Leroy, cet observateur d'une si profonde sagacité et d'une si longue expérience, avait déjà fait, sur. les sociétés des animaux, des remarques aussi fines que curieuses. Il voit le premier degré de ces sociétés dans l'union du loup et de la louve « qui partagent « ensemble les soins de la famille 2 . » Le chevreuil et sa femelle « ont, dit-il-, un besoin de « s'aimer indépendant de tout autre 3 . »
1. Les insectes forment les sociétés les plus remarquables et les plus nombreuses.
2. Lettres philosophiques sur l'intelligence et la perfectibilité des animaux, p. 24.