‹ De l'instinct et de l'intelligence des animauxChapitre 80 sur 217 · Tome V, p · texte numérisé non relu

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« être que difficilement détruits; et les quali- « tés qui tiennent à l'intelligence s'affermis- « sent comme les qualités physiques. C'est « ainsi que les chiens se sont formés pour la « chasse par une éducation dont les effets se « propagent... »

On sent tout l'intérêt que prend l'étude des variétés , des races 9 considérée de ce point de vue. Les causes qui ont produit les espèces ont cessé d'agir; les causes qui produisent les variétés sont dans nos mains, et l'on peut aisément juger de toute la puissance de ces dernières causes parleurs effets. Aucun genre naturel de nos catalogues ne montre des différences aussi fortes que celles de nos animaux domestiques de même espèce. Le lion et le tigre ne diffèrent pas plus l'un de l'autre que le chat d'Espagne ne diffère du chat d'Angora; le loup et le chacal se ressemblent plus que le chien dogue et le chien lévrier. Or, ces différences, plus grandes que celles qui, dans l'état sauvage, séparent une espèce de l'autre, ce sont des circonstances fortuites , c'est la

domesticité, c'est l'homme, qui les produisent.

Et il ne faut pas croire, quoiqu'on le répète sans cesse, que les animaux dégénèrent en devenant domestiques. L'action de la domesticité tend, au contraire, à développer : elle accroît la taille de presque tous les animaux que l'on soumet à son influence, le volume de la queue dans certains moutons, le nombre des cornes dans quelques autres, le poil du chat angora, etc.

Tous ces développements, une fois acquis,, se transmettent par la génération.

C'est même à cette transmissibilité des modifications acquises, et à cette transmissibilité seule , que nous devons toutes nos races.

Nous avons vu le caractère du genre dans la fécondité bornée; celui de Y espèce dans la fécondité continue; la sociabilité des animaux nous a donné leur domesticité : Y hérédité, la transmissibilité des modifications acquises nous donne les races. « Les races dans « chaque espèce, dit Buffon, ne sont que

« des variétés constantes, qui se perpétuent « parla génération 1 . »

Je vois aux races trois sources distinctes.

Il y a les races dues aux accidents, et, si je puis ainsi dire, aux hasards 2 de V organisation; les races dues aux climats; et les races dues au croisement des diverses races entre elles.

Je commence par ce qui regarde les races dues aux accidents, aux hasards 3 de Y organisation.

Que, dans une même portée, se trouvent, entre plusieurs autres, deux ou trois petits

\. T. IX, p. 593.

% « De deux individus singuliers, dit Buffon, que la « nature aura produits comme par hasard, l'homme en « fera une race constante et perpétuelle, et de laquelle « il tirera plusieurs autres races qui, sans ses soins, i< n'auraient jamais vu le jour. » (Tome V, p. 492.)

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