‹ De l'instinct et de l'intelligence des animaux (volume 2)Chapitre 46 sur 170 · Essais, livre II, page · texte numérisé non relu

Essais, livre II, page

On ne peut guère parler sérieusement de* rêveries de Dupont de Nemours sur le langage des bêtes.

Dupont de Nemours s’imagine que les bêtes ont un langage; et, qui pis est, il s’imagine l’en- , tendre. Il nous a donné, comme on sait, la traduction des chansons du rossignol 1 ; il nous a donné aussi le dictionnaire des corbeaux ; « trace vail qui lui a coûté, dit-il, deux hivers, et grand a froid aux pieds et aux mains 2 . »

* L’erreur de tous ceux qui attribuent un langage aux bêtes est de ne pas distinguer les voix, les cris, les accents naturels des bêtes , du lan- : gage artificiel,^ signes arbitraires de l’horame.

L’animal a des voix pour l’amour, pour la joie ; il a des cris de douleur, des accents de fureur, de haine, etc. Les animaux ont leurs gestes : « leurs mouvements, comme le dit si spirite tuellement Montaigpe, leurs mouvements dis -

«t courent et traictent 3 . » * •

Mais enfin, ces voix, ceseris, ces accents, ces gestes ne sont que l’expression forcée , et non voulue, désaffections des bêtes. Ce n’est là, si je puis ainsi dire, que le langage du corps. *

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1 . Quelques mémoires sur , différons sujets, la plupart d'histoire naturelle, elc., page 231. Paris. 1813.

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